Champagne pour Émilie Langlais publié le mercredi 30 septembre 2009

Moi dont les idées se cherchent péniblement dans un maquis inextricable, je mesurais en écoutant Robert Badinter parler dans ma vidéo, le bonheur de cet homme ainsi doté d'un esprit constamment limpide. J'avais, au petit matin, mis mon café à chauffer sur une plaque éteinte et attendu en vain dix bonnes minutes que l'arôme flotte jusqu'à mes narines. Après m'être rendu compte de mon étourderie, je me suis servi une boisson chaude certes, mais qui n'était que de l'eau jaunâtre... j'avais aussi omis le café...

Pour oublier la faillite de mes fonctions cognitives et aussi pour assouvir une envie de glace, je descendais en ville samedi en fin d'après-midi. Je croisais en chemin Alain Pouquet, notable de Périgueux qui m'invitait à venir dans la soirée prendre un verre dans le jardinet du bar à vin Le Cercle, où il célébrait ses 50 ans jusqu'au dimanche soir.

La glace au Café de la Place, avec un peu de chantilly est fameuse... Pendant que j'y suis, je me permets de vous donner un petit conseil. Si vous n'êtes pas satisfait de la grosseur des boules qui vous sont servies, n'hésitez pas à demander au serveur de retourner à la glacière, qu'il vous en serve pour votre argent. Je l'ai fait en cet endroit et ailleurs à plusieurs reprises et croyez-moi, cela en vaut la peine. À trois euros cinquante, voire plus pour deux boules seulement, il est naturel d'être un peu exigeant.

Emilie Mazeau-Langlais est lauréate 2009 du prix SEMA 24

À l'autre bout de la place du Marché au Bois, devant l'atelier d'Émilie Mazeau-Langlais, un essaim de gens s'était rassemblé. Michel Grégoire, qui fut producteur animateur sur France Inter entre les années 1980 et 2000, est venu me tirer de mon journal pour que je prenne intérêt à cette petite fête.

Je m'y suis arrêté une dizaine de minutes alors que je me rendais au Cercle. Emilie, ex-comédienne professionnelle, reconvertie « cartonniste » depuis un an environ, venait de se voir décerner le prix SEMA 24 pour l'excellence de sa conception et fabrication de mobilier utilitaire et décoratif en carton. Maintenant que nous prenons tous le recyclage* au sérieux, cette forme d'artisanat relativement nouvelle est en plein essor... à mon grand étonnement, je dois dire. Ce qui ne fait pas de doute, c'est que les pièces d'Émilie se vendent bien à en juger le nombre de commodes et lampes que l'on a pu voir toute l'année, quitter son atelier. Le jury présidé par Bernard Musset, le sous-préfet de Sarlat, était composé de Christophe Legrand, relieur-doreur qui est installé avec son épouse Nathalie près de là, dans la rue Saint Front, Christian Dupuis, conseiller municipal, Miguel Calado, céramiste et délégué SEMA 24 et quelques autres dont je ne suis pas certain d'avoir bien saisi l'orthographe de leur noms.Alain Bernard photographie Émilie Mazeau Langlais et ses amis sur la place du Marché au Bois
Alain Bernard, notre journaliste local du Sud Ouest, dans une pose en réminiscence de celles qu'il adoptait, je l'imagine, pour esquiver les mangues vertes qui volaient bas lors des guerres coloniales d'Afrique Centrale, où il a longtemps séjourné. Emilie Langlais est la jeune femme portant une chemise bleue claire, qui se tient derrière une bien jolie commode Louis XV faite tout en carton (et non pas Toutankhamon qui lui, est vieux comme Mathusalem et couvert de bandages)
Le punch lors du cocktail donné pour célébrer le prix SEMA que venait de gagner Émilie Mazeau LanglaisMichel Grégoire montre son appareil à Frédéric Perraud
Frédéric Perraud, directeur de l'Office du Tourisme de Périgueux (au milieu sur la photo de droite) regarde avec attention la démonstration du tout récent baladeur de visite audio & visio-guidée de la ville conçu par « Échappée Belle » et auquel Jean-Charles Pouyot, Michel Grégoire (avec le chapeau sur cette photo), Thomas Gibertie et d'autres ont collaboré. Un appareil qui débite, avec la voix de Michel, plein d'histoires captivantes et sur lequel j'ai hâte de mettre les mains pour vous en donner un compte rendu détaillé. J'espère aussi surtout combler mes lacunes en ce qui concerne nos vieux quartiers

Bon anniversaire Alain

Alain Pouquet et amis lors de la célébration des 50 ans d'Alain Pouquet au bar à vin Le Cercle
Alain Pouquet (avec les fleurs à droite) recevait ses amis dans l'arrière-salle du bar à vin Le Cercle pour célébrer avec lui et ses proches l'avènement de cet âge charnière que sont les 50 ans. J'ai goûté un punch fortement dosé et un superbe Saint Estèphe, grand vin robuste du Médoc, contenu dans une énorme bouteille ; sans doute un mathusalem (six litres)
Célébration des 50 ans d'Alain Pouquet au bar à vin Le Cercle

La guerre des pâtes

Miss Déliss problèmes de voisinage avec Nooï
Au retour, je passais devant Nooï et Miss Déliss qui sont en bisbille depuis peu...
J'étais étonné, juste après la rentrée de voir autant de jeunes s'agglutiner à l'entrée du Nooï, un nouveau snack-bar qui a ouvert sur le boulevard Michel de Montaigne, juste à côté de Miss Déliss un sandwich-bar guère plus vieux. J'ai appris samedi que les gérants du Miss Déliss et du Nooï s'étaient assez furieusement épouillés. La raison ? Il semblerait que Miss Déliss ait commencé à vendre des pâtes après s'être rendu compte que ce plat remporte la faveur des adolescents qui viennent jusqu'ici pour déjeuner. Ceci n'a naturellement pas plu au gérant du Nooï dont la surface à l'intérieur est moindre et qui depuis le début, comme le montre sa devanture, fait des pâtes son principal atout.

Déjà des bras auraient été tordu et des propos racistes auraient été proférés envers nos amis d'origine asiatique qui gèrent Miss Déliss. Si cela s'avère prouvé, c'est inacceptable, mais comment toutefois ne pas comprendre la colère du gérant du Nooï (d'origine basque je crois) qui voit son chiffre d'affaire baisser pour une raison bien identifiée ? Hummm... que faire dans ce cas là ? On ne peut légalement empêcher un restaurateur de modifier sa carte, s'il considère que cela va attirer plus de clients, même si c'est au détriment de son concurrent le plus proche. C'est du mauvais voisinage mais que peut-on y faire ? Pour certains, les affaires sont les affaires. Vite, que l'on amène le médiateur avant que cela ne dégénère en bataille rangée !...

*En parlant de recyclage (plus haut), saviez-vous que vous pouvez aller chercher vos sacs jaunes à la mairie même ? Apparemment, peu de citoyens le savent.


À écouter ce soir (c'était jeudi 1er octobre) : Aigzocet au Sans Réserve pour le lancement de son nouvel album « Réanimation » (entrée gratuite, concert à 18h30).

[ Depuis lundi 28 septembre, ça y est, « Réanimation » le nouvel album d'Aigzocet est disponible en téléchargement sur http://www.aigzocet.com et très bientôt sur les principales plateformes légales de téléchargements.

Comme prévu, cette sortie est accompagnée de celle d'un livre mettant en page les textes des chansons et des images réalisées par Nicolas LUX [ mon billet sur Nicolas Lux ]. Infos et commandes sur : http://www.aigzocet.com

Aigzocet, ce chansonneur périgourdin oscillant entre chanson, rap et rock, propose ici un album plus personnel à l'atmosphère plus oppressante. Vous l'avez peut-être croisé ces jours-ci dans les pages de votre journal Sud-Ouest ou sur France 3 Périgords. ]

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Rencontres insolites publié le lundi 6 octobre 2008

Je sirotais un grand-crème onctueux avec mon ami Jean-Roch sur la place du Coderc, samedi dernier, quand s'est approché de nous, un trio de jeunes gens dont je connaissais les deux tiers. Il s'agissait de Léo CORRÉA, fils et frère de nos célèbres peintres régionaux et de Bastien LE BIHAN tous deux compères dans l'équipe de CANALMOINS.NET. Ils étaient accompagnés d'une jeune fille qui tenait un carnet et un stylo genre « script-girl ». Ils m'ont demandé avec un sourire qui m'inquiète encore, si j'acceptais qu'on me pose quelques questions en face de la caméra que tenait Léo ; Bastien avait sans doute le rôle de metteur en scène. Comme c'était parait-il pour un projet scolaire, j'ai accepté.

La demoiselle m'a posé deux questions simples auxquelles il m'a fallu répondre à brûle-pourpoint :
1. Que signifie l'emploi pour vous ?
2. Quel sens donnez-vous au mot « effectif » ?

C'est tout. J'ai répondu mal naturellement ; mais il m'a semblé en les regardant partir qu'ils étaient de toutes façon après autre chose que mes réponses. Il faut dire que je suis accoutumé à voir Bastien et Léo sur leur chaîne web et je sais de quoi ces deux lutins géniaux sont capables...

Tout en carton

Boutique de meubles en cartonDans la soirée, alors que nous discutions, l'ami Francis et moi sur la place du Marché au Bois, j'ai remarqué qu'il y avait de la lumière et des silhouettes en mouvement dans le petit local situé à un des angles de la place. Ce local est souvent vide ou plein de bric à brac. C'est d'ailleurs un fait étrange que chaque petite entreprise qui s'installe ici, se mette à péricliter en aussi peu de temps qu'il faut pour dire « ceci est un mauvais emplacement pour vendre des choses ».

Nous nous sommes approchés de la vitrine sans enseigne et avons vu, posé près de l'entrée, ce qui ressemblait à un meuble de style Louis XV conçu tout en carton dont les tiroirs étaient doublé d'astragan d'un violet profond. C'était la réalisation de deux jeunes femmes : Émilie LANGLAIS (qui menait « La Liste », un mouvement démocrate qui a remporté 3% des votes au élections municipales de 2008) et Anne MAITROT co-listière et co-artiste ; la première originaire de Tours et la seconde de Nouméa.

Boutique à carton avec Émilie Langlais et Anne MaitrotElles m'ont dit faire ce travail dans une démarche artistique, mais aussi utilitaire... Émilie m'a affirmé que les formes conçues avec précision et assemblées avec minutie, permettaient aux meubles d'être aussi solides que leurs grands frères ; je me permet de douter qu'un tel objet puisse traverser deux siècles et demi comme l'ont fait les véritables commodes Louis XV. L'objet est, de par le matériau qui le compose, intrinsèquement fragile et je n'oserais pas placer un pot de fleur dessus de crainte que celui-ci se renverse et affaiblisse irrémédiablement toute la structure, qu'on y ai appliqué ou non un produit pour l'étanchéifier. La commode a été finement exécutée et a requis près de trois semaines de travail ; cependant elle n'est pas peinte et coûte tout de même à l'achat, la bagatelle de 450€... Pas cher payé me direz-vous pour presque un mois de travail, mais à ce prix je pourrais aller chez IKÉA et en revenir avec une commode, un lit, une table de chevet et quelques paquets de krisprolls. Il est vrai que les meubles suédois ne seraient pas beaucoup plus durables, mais les krisprolls seraient une agréable addition à mon petit déjeuner d'ordinaire si frugal, lorsque je ne descends pas chez Errel prendre un grand-crème.

J'admire ce que ces jeunes femmes ont fait ; je serais incapable d'en faire autant ; je dois cependant avouer ne pas comprendre leur démarche. Il faut dire que j'ai toujours été réfractaire à certaines formes d'art conceptuel. Ainsi je n'ai jamais compris pourquoi Tracey EMIN, en Angleterre, avait failli gagner le célèbre Turner Prize avec un lit défait : son lit, quelques capotes usagées et des slips maculés de tâches douteuses. Ou un autre artiste, toujours en Angleterre, dont « l'œuvre » consistait en un large empilement de sacs poubelles. Émilie et Anne ne construisent pas leurs meubles en carton dans un même esprit provocateur, mais pourquoi se sont-elles mises à cette tâche ? Qui leurs objets, esthétiquement ou utilitairement, vont-ils intéresser ?
  • Voir une vidéo sur le mobilier en carton
    Si j'avais vu cette vidéo avant d'écrire ce billet j'aurais été mieux informé sur ces meubles en carton dont je n'avais jamais entendu parler et mon analyse eût sans doute été un peu différente...
L'émotion artistique que je ressens en voyant le lit défait, les sacs poubelle et la commode diffère assez peu ; bien que je trouve cette dernière œuvre certainement plus sympathique, c'est pour moi du maquettisme à l'échelle 1:1 pour lequel, en dépit de mon désir de m'ouvrir l'esprit à tout ce qui est nouveau, je ne perçois pas encore l'intérêt. Peut-être que tout cela est un clin d'œil mystérieux au monde en panique qui, aujourd'hui, entoure Anne, Émilie et nous autres.

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Commentaire de Blogger Periblog , le 19 avril 2009 22:11  

À la personne anonyme qui a posté un billet le dimanche 19 avril 09 à 21h50.

Vous me dites : « J'espère que vous aurez le courage de publier mon papier histoire »

Je l'aurai, oui, aussitôt que vous aurez le courage de vous identifier... et pas avec un nom bidon car je vérifierai (ajoutez votre numéro de téléphone. Je l'enlèverai lors de la publication).

En attendant j'archive votre critique... et pour répondre à votre dernière remarque particulièrement acerbe, je suis bien content de ne pas avoir un tel objet chez moi... l'objet est bien exécuté, je le confirme, mais pour les raisons que j'expose dans mon billet, ce n'est pas pour moi. Un point c'est tout.

Mauvaise idée de m'attaquer sur ce sujet de la façon que vous le faites. Vous faites du tord à cette brave femme qui ne vous a certainement rien demandé. W

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