Politique au placard ? Mauvais signe. publié le lundi 22 février 2010

Le cancan du Coderc est une chronique de Pascal Serre


Malgré le froid et le petit crachin du jour qui fouette le visage et en appelle au vin chaud, sur le coup de dix heures trente me voici au débouché de la place de la mairie dont les jours, en ce lieu historique, sont désormais comptés — par décision municipale controversée — et à l'entrée de ma bonne place du Coderc un peu comme dans la chapelle Sixtine ou la grotte de Lascaux. A chacun ses références !

Diable, je me frotte les mains, saluant ici et là tel ou tel visage connu. Il faut se frayer le passage et c’est tant mieux car cela signifie qu’il y a un peu de monde. On ne s’attarde pas.

Avec Christian, le seul à s’être libéré, nous nous sommes donnés rendez-vous au « Coderc » et l’idée du vin chaud avec sa cannelle guide nos pas.

En marchant péniblement nous évoquons l’émotion causée par l’accident du bus ribéracois en Italie ce mercredi. Christian, grand sage devant saint Front me glisse « La compassion ? Si sincère soit-elle, elle est vaine et illusoire ; parler d’espoir dans de tels moments comme c’est déplacé. Il y a de la souffrance. Ma femme, bigote s’il en est, n’aimait pas que je parle ainsi. Qu’elle me pardonne. »

Arrivés devant le Bar du Coderc nous hésitons entre la terrasse où les fumeurs transis restent péniblement immobiles et la petite salle où s’entasse une clientèle bigarrée mais dont les visages possèdent la carte des abonnés de notre chère Sylvia, patronne des lieux.

Au loin nous regardons Monsieur le Maire traverser « notre Coderc » pour se rendre aux remises de prix qui ont lieu sur la place Saint-Louis. Il s’affiche chaleureux et notons que c’est plus lui qui va vers les gens que ces derniers qui s’empressent à le saluer. Christian Dupuy, au coin de sa rôtissoire, a entendu la sirène et s’essuyant les mains à sa blouse rouge abandonne séance tenante père et poulets rôtis pour embrayer dans le sillage de son patron.

Tout ceci a quelque chose de baroque, de puéril et pourtant de si délicieusement provincial. À l’angle de la rue de la Sagesse et de notre place, deux touristes de type asiatique fixent ces instants avec leur téléphone portable comme si nous étions une tribu d’indiens. Mais ils ont l’air si sympathiques, presque naïfs. On aurait envie de les embrasser et de partager notre vin chaud. Ici, Marco Polo ou Christophe Colomb ont les yeux bridés.

Aujourd’hui nous n’allons pas être bavards, plutôt observateurs. Christian, un peu transis sollicite deux vins chauds et avec de la cannelle « s’il vous plaît ! ». Le serveur surpris mais reconnaissant ses ouailles nous dit dans le creux de l’oreille : « je le fais pour vous mais chut ! ».

Nous reconnaissons tous deux que les privilèges ne sont pas désagréables. Serions-nous des people ?

Christian me donne les nouvelles de « l’Affaire des Boulangers » lesquels, semblent-ils ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de Firmin Gourmet. « Des règlements de compte. Il y a ceux qui ont du pain congelé et ceux qui le préparent et le cuisent. On prétend que le repreneur de notre ami Pichard n’est pas digne de la tradition et serait plutôt un commerçant, pire un industriel. Il aurait perdu des clients par cette simple rumeur. C’est vrai, le pain c’est sacré ! »

Le breuvage achevé, nous sentons nos joues toutes chaudes et les pointes d’oreilles proches de l’éruption. Il est temps de faire un tour de marché cache-nez et chapeau pour Christian, blouson et mains dans les poches pour moi.

Nous croisons madame Cornet, l’épouse de Philippe, oui l’opposant de notre bon maire. C’est que son diable de mari était déjà ce matin à 7h 30 sur le marché pour casser la croûte avec Jérôme Peyrat et quelques colistiers pour les élections régionales. Il a régalé les regrattiers pas vraiment surpris de le retrouver à cette heure matinale en ces lieux. Le « Philippe » parle avec faconde et n’est jamais en mal de bourrades amicales, de petites phrases et de solutions qui le propulsent presque comme le ministre bis d’un Xavier Darcos qui lui a laissé, en haut du mât de Cocagne les clefs de la mairie pour 2014.

Un peu plus loin nous tombons nez à nez avec Alain Bernard qui rentre de Paris où il a couvert pour son journal « Le Paris Cookbook Festival » organisé par Édouard Cointreau (1) que certains ont voulu mettre en concurrence avec le Salon du Livre Gourmand de Périgueux.

Henry-Pierre Millescamps au Salon du Livre Gourmand à Périgueux en 2008
Henry-Pierre Millescamps expert en livres anciens lors du Salon du Livre Gourmand à Périgueux en 2008
Lire un billet sur Périblog au sujet du Salon de 2008
Et voici qu’arrive Henri-Pierre Millescamps, expert en livres anciens : « J’y étais et la ville de Périgueux a pris de nombreux contacts puisque l’invité d’honneur en novembre sera le Québec. » Et Alain Bernard de souligner aussi la présence du photographe périgourdin émérite Denis Nidos dont la carrière n’a de cesse de grimper l’échelle qui mène en haut de l’affiche.

Je me rappelle ma première rencontre avec ce grand gaillard, ancien ébéniste reconverti avec lequel ce fut à la fois un bonheur et un honneur de collaborer. Je lui achetai ses premiers reportages. Je lui présentais Édouard Cointreau qui reconnu le talent et misa immédiatement sur lui. Selon notre expert en livres anciens, on peut pronostiquer prochainement un très beau livre…

Mais Christian revient à son dada : « Mais, honnêtement, ce salon à Paris, ceux de Bruxelles, de Saint-Brieuc, de Vannes que va devenir celui de Périgueux… ? » Je prend la parole : « Oui, le marché du livre de cuisine est en pleine expansion et il y a de la place. Mais faut reconnaître que Périgueux tergiverse, ne prends pas la mesure de l’enjeu et que de la complémentarité on passe vite à la concurrence et à la cacophonie. À la sortie nous pourrions n’avoir que nos libraires, éditeurs, restaurateurs et les Périgourdins. Édouard Cointreau a pris les devants. Il a laissé toutes ses chances à Périgueux en offrant un espace. Mais, sans critiquer, je cherche vainement une ambition politique… »

Alain Bernard s’est enfui car il va à Ribérac pour les obsèques d’Agnès Dosilé, la professeur d’histoire et de géographie décédée dans l’accident du car en Italie. Christian a décidé de faire ses courses. Henri-Pierre Millescamps m’invite à prendre une bière.

Il est presque treize heures. La nettoyeuse nettoie la place à grands jets d’eau. Les derniers revendeurs évacuent leur véhicule. C’était un samedi 20 février comme les autres. La politique était rangée au placard. Ce n’est pas bon signe pour un Périgordin. À la semaine prochaine.
Auteur : Pascal SERRE
(1) Édouard Cointreau directeur général du Salon international du livre gourmand de 1998 à 2002. Cette année-là il a estimé qu’il devait laisser Xavier Darcos mener sa propre politique sur cette manifestation. Il a gardé d'excellents souvenirs de la manifestation périgourdine et s'est appliquée à lui donner une dimension internationale tout en limitant le parisianisme à outrance.
La remise des prix lors du marché au gras de 2009
Christian Dupuy conseiller municipal délégué au commerce, à l'artisanat et au commerce forain et Michel Moyrand maire de Périgueux (à droite sur la photo) lors de la remise des prix au marché au gras édition 2009 - voir plus de photos sur ce marché primé ici
Pascal SERRE
Rédacteur en chef :
  • JOURNAL DU PERIGORD
  • DIRELOT
  • DORDOGNE PERFORMANCES
Membre :
  • Institut Montaigne (Paris)
  • Fondation Terra Nova (Paris)
  • Fondation de la France Libre (Paris)

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Commentaire de Anonymous Bernard G. , le 23 février 2010 04:15  

Finalement, à lire vos papiers, on parle toujours des mêmes, comme si Périgueux et la place du Coderc étaient le centre du monde... Et une fois encore, ce ton au combien ironique sur Moyrand, finalement, on ne vous refait pas vous hein! C'est d'un pathétique tout ça!

Commentaire de Anonymous chantal , le 23 février 2010 06:11  

Je ne trouve pas ce discour pathétique.
Je trouve que c'est tout simplement la vie et j'en remercie Mr Serre de nous faire partager ces petits samedi sur la place du coderc où je réside tout à côté.

Merci !!!

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 23 février 2010 08:10  

On ne peut pas plaire à tout le monde!
Heureusement que nous sommes nombreux à apprécier ce "cancan du Coderc", notre place du village à nous.
En ce qui concerne l'ironie vis-à-vis de Moyrand, on peut dire que Pascal Serre est fidèle à ses opinions et ne se cache pas derrière une hypocrisie de circonstance comme c'est le cas de bon nombre de lèche-bottes du maire actuel!

Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 23 février 2010 13:31  

J'apprécie cette rubrique, agéablement écrite, fraiche, faites de potins locaux. On y retrouve parfois des reflexions de comptoir qui valent, à mon avis les bourrages de crânes de nos médias et de nos politiques ! Chouette, nous allons manquer de pétrole ! les idées et le bon sens vont ils en profiter pour revenir ?

Commentaire de Anonymous DALLEMAND , le 23 février 2010 16:42  

Il faut -de temps à autre- définir où se situe très précisément le Centre Géographique du Monde habité. Après Jules VERNE et ses divagations, après Salvador DALI et sa modeste station brouillardeuse sise en Catalogne (Dieu seul sait que la Catalogne est partout sauf en Périgord). Allons, petits jaloux, vos complexes de sous-préfecture pourraient désormais vous coûter l'obtention du passeport PERIGORD ; sachez qu'il est clairement établi ce Centre du Monde ; il s'agit bel et bien du CODERC. Le CODERC ? Pays de l'Homme objectif. Parfaitement objectif puisque je pourrais tout aussi bien critiquer Henry MILLER qui ne jure que par Lascaux. Je vous demande un peu ce que Lascaux viendrait faire au centre
du monde. En toute objectivité, bien entendu.

Commentaire de Anonymous Simon B , le 24 février 2010 10:58  

Finalement, je dois aimer lire ce "cancan du Coderc"que je suis régulièrement mais comme B, je le trouve souvent tendancieux et quand on parle de lèche bottes du maire actuel, je ne peux m'empêcher de penser à ceux du maire précédent.
Autre chose, dire à René qu'il y a des parkings dans cette ville et que je n'y ai jamais eu de PV ; par contre j'en ai eu un devant le domicile d'un parent (hors centre ville) ou du temps de MR Darcos, une rue avait bénéficié d'une multiplication de passages piétons inutiles gênant le stationnement des riverains eux mêmes ; heureusement MR Moyrand s'est déplacé, a constaté et a fait remédier à cette ineptie.

Personne n'est parfait!

La grande bouffe au Bambou Bar publié le vendredi 11 septembre 2009

Le jour des Franche Musicales dont j'ai parlé voici quelques jours, à l'heure du déjeuner, je rencontrai Pascal Serre revenu de je ne sais quelle lointaine contrée avec une pêche d'enfer et le teint de quelqu'un qui aurait passé plus de temps sur un transat que derrière un bureau... Pascal est toujours le rédacteur en chef du Journal du Périgord un excellent magazine qui vante les mérites de notre belle contrée, dans lequel j'ai publié quatre ou cinq chroniques. Il est aussi le rédacteur en chef du magazine Dire Lot et de Dordogne Performance et pour envelopper le tout, il est depuis peu, membre de l'Institut Montaigne à Paris. Cet institut est un think tank indépendant dont le président est Claude Bébéar, originaire d'Issac en Dordogne et créateur d'Axa. Il s'agit là d'un groupe de 200 décideurs qui se sont donnés pour tâche de faire de la prospective sur les sociétés française, européenne et mondiale... c'est la seule présence du département et une des très rares issues de la région ; le reste de ce groupe de réflexion politique et sociale étant surtout composé d'intellectuels et de personnes très influentes résidant dans la capitale.William Lesourd, Alain Bernard, notre joueur d'orgue de barbarie, Henri-Pierre Millescamps, Pascal Serre
De gauche à droite : moi-même, Alain Bernard, notre joueur d'orgue de barbarie (debout), Henri-Pierre Millescamps, Pascal Serre
Pascal m'a rencontré avec son grand ami Henri-Pierre Millescamps, un garçon adorable, moins timide qu'il ne paraît et connu pour sa passion débordante pour les livres rares et la gastronomie. J'avais rencontré Henri-Pierre lors du Salon International du Livre Gourmand de Périgueux, un évènement dont il fut, voici quelques années, le principal initiateur. Libraire-expert, il préside aux destinées de la librairie Millescamps, organise des ventes aux enchères publiques et travaille en partenariat avec les « Gourmand Awards » à Londres, Francfort, Pékin et ailleurs. Récemment, avec des amis, il a participé au développement de « Gastronomia Activa », un complexe gastronomique situé dans un charmant quartier de Barcelonne en Catalogne.

Après que tous trois eûmes passé commande au patron du Bambou Bar, Alain Bernard qui déteste déjeuner seul, s'est fait une petite place à nos côtés. Qui à Périgueux, ne connaît pas Alain Bernard ? Ce journaliste, tout de noir vêtu, coiffé d'un canotier et arborant des cravates imprimées de formes joyeuses agrémentées d'un peu de sauce à l'échalote ou de mayonnaise selon le plat du jour ?... Auteur de nombreux ouvrages gastronomiques, il a reçu en 2008 les Palmes Académiques des mains de Xavier Darcos, alors ministre de l'éducation et ancien maire de Périgueux. Je me demande si M. Darcos a eu droit aux bonbons... c'est effectivement en distribuant des friandises aux gamins comme aux grandes personnes qui se trouve sur son passage, qu'Alain se fait remarquer ; mais il se fait remarquer plus encore par ses articles incisifs et souvent drôles qui paraissent dans la section Dordogne du journal Sud Ouest. Il est un people de Périgueux par excellence.

C'était bon de faire mieux connaissance avec Henri-Pierre et Alain par un aussi beau jour de septembre et de passer quatre heures trente passionnantes avec Pascal Serre mon hôte, un journaliste distingué à qui je voue un grand respect.Concours de pâté en septembre 2009 sur la place Saint-Louis
Ce même midi, le concours de pâté de Périgueux avait lieu sur la place Saint-Louis

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Commentaire de Blogger roger , le 10 novembre 2009 04:43  

on dirai richard berry hahaha....

Commentaire de Blogger Periblog , le 18 décembre 2009 20:35  

Ceci s'adresse à Anonyme qui a posté un commentaire ce matin à 9h30.

Je vais le communiquer à la personne intéressée et poster sa réponse s'il le désire. W

Le Salon du Livre Gourmand 2008 photos publié le dimanche 16 novembre 2008

Une femme, que je ne connaissais pas, marchait à mon encontre alors que je venais d'entrer sous la grande tente du salon. Elle me regardait, sourire aux lèvres, avec une certaine insistance. Belle ou pas (ce qui ne veut pas dire qu'elle ne l'était pas), cela n'avait pas d'importance. Il y avait belle lurette qu'on ne m'avait pas regardé de cette façon et en bon homo sapiens hétéro et flatté, j'ai sorti la poitrine tout en souriant à mon tour. Quand elle se fut suffisamment approchée de moi, elle me dit :
« Eh oui, William Lesourd, vous êtes connu.
— Tiens !?... dis-je, l'air surpris qu'elle connaisse mon nom et sentant déjà l'hémoglobine me monter jusqu'aux oreilles.
— Oui, Periblog... j'étais abonnée ; seulement je me suis désabonnée durant les élections municipales... mais rassurez-vous ajouta-t-elle en aparté, je viens toujours vous rendre visite.
— Vous êtes prof, lançais-je, à Laure Gatet ? »

Elle me répondit qu'elle enseignait dans un autre lycée (je ne me rappelle plus duquel) puis elle disparut dans la foule.

Xavier et Laure Darcos au soir de la défaite du Maire sortant de Périgueux
Le soir de la défaite : Xavier Darcos et son épouse Laure visiblement émue par la touchante éloge que son mari lui fait. © William Lesourd - PERIBLOG
Je me suis souvenu, en effet, qu'entre mars et avril mon blog avait perdu trois ou quatre abonné(e)s, en raison sans doute des positions sans équivoque que j'avais prises lors des élections municipales. Je souhaitais que Xavier Darcos soit reconduit à son poste de maire de Périgueux, afin qu'il finisse dans les quatre ou cinq ans à venir, les grands travaux qu'il avait entrepris pour aider la ville à faire face au tourisme grandissant et, pour améliorer par là-même la qualité de vie en centre ville pour tous ceux qui y vivaient ou s'y rendaient régulièrement. Bien entendu on dit – et je n'ai aucune raison de ne pas le croire – que les caisses sont vides, mais il y en a plus d'un tout de même qui, voyant que ces grands projets sont stoppés ou remis en question, commence à regretter de ne pas avoir voté dans ce sens... mais cela est une autre histoire, et puis surtout, c'est trop tard. J'avais donc reçu les notices d'annulation, et dans celles-ci se trouvaient les adresses email des personne qui s'étaient désabonnées ; normal. Je ne vous expliquerait pas les détails, mais j'ai découvert que parmi ces annulation se trouvaient deux profs de Périgueux et un artiste peintre. Quelle idée, m'étais-je dit un peu vexé. Pourquoi n'avaient-ils pas tout simplement pris part aux conversations que j'avais initiées dans le blog afin d'exposer leur point de vue (le peintre l'avait fait une ou deux fois) ? C'est ce à quoi les commentaires servent... J'étais convaincu que celles et ceux qui se désabonnaient – à moins de n'éprouver aucun intérêt pour la région – reviendraient sur le blog, ne serait-ce que par curiosité ou par obligation, car le sujet qu'ils recherchaient n'était traité nulle part ailleurs. Ce que cette prof m'avait dit en tout dernier lieu, me réconforta dans cette pensée. J'étais aussi soulagé quand elle disparut de ne pas avoir eu à déterrer les miettes de charme et d'assurance qu'il me reste pour faire la causette à une inconnue. Tant mieux... non, tant pis.

Je ne m'étais jamais rendu au Salon du Livre Gourmand auparavant, et ce fut une agréable surprise. Coté dégustation, ce fut, un fiasco ou presque en ce qui me concerne. Je ne savais pas qu'après les démonstrations des chefs, on pouvait goûter aux plats... de toute façon il y avait tellement de monde que je n'aurais pas pensé que cela eut valu la peine d'attendre. Je n'ai donc goûté qu'à : un morceau de foie gras Alsacien posé délicatement sur une tranche de baguette délicieusement croustillante (aucun reproche à faire au foie gras, sauf qu'il était un peu frais) ; une praline ; un nougat ; et une portion de banane tatin préparée par Suzy Palatin, guadeloupéenne et auteur d'un livre de cuisine : « Le meilleur des Antilles ». Selon une dame rencontrée près des gamelles, qui travaille chez Larousse, Suzy Palatin a été modèle dans le passé. Je veux bien le croire...

J'avais, avant la banane, fait la rencontre du propriétaire de Millescamps, la boutique de livres rares située à Périgueux. Henry-Pierre Millescamps avait la veille, assisté Bertrand Miallon, commissaire-priseur durant la vente aux enchères de livres rares sur les vins et la gastronomie, 9 rue Bodin à l'Hôtel des Ventes. Il avait expertisé aussi tous les livres entrés dans le catalogue. Une vente qui a produit de bien meilleurs résultats que prévu ; ce dont H.-P. était visiblement heureux... d'autant qu'une vente similaire qui avait eu lieu peu de temps auparavant dans le sud-est de la France, avait fait une très mauvaise recette, ce qui n'était pas de bon augure. Le clou de la vente, m'a t-il dit, était une collection complète du Guide Michelin allant de 1900 à 2008 ! Mais ce qui lui aurait sans doute plu aussi, aurait été de vendre ce livre très rare qu'il avait en sa possession, intitulé « Lettres sur les truffes du Piémont » que son assistante m'a présenté et qu'il estime valoir près de 3500€ (ou 5kgs de truffes périgourdines, si vous préférez, au prix de la saison. Le climat a été propice, et elles ne sont pas bien chères cette année ; toutes proportions gardées.)

Ça c'était pour samedi soir. Dimanche je me rendais au salon presqu'aussi tard que la veille. J'ai fait deux ou trois fois le tour de la tente principale, prenant en photo au passage les propriétaires des principales librairies de Périgueux : Marie Coppens de la Maison de la Presse (que je ne connaissais pas), Gérard Chastang de la Mandragore (arborant un sourire timide), Jacky Rimbault de Des Livres et Nous (quel bon jeu de mots), et enfin Nicolas Géraud de Marbot, entouré de Guy Penaud et de José Correa co-auteurs du livre illustré « Le Périgord, des Mets et des Mots ».

J'entrais enfin dans l'enceinte du théâtre même où, au sous-sol, une salle entièrement dédiée au chocolat avait été aménagée. Un monde fou s'y entassait pour assister à une présentation passionnante. Delphine Ledoux, la jeune comédienne qui nous a fait voyager à travers les époques les plus importantes de l'histoire du chocolat, nous a tous surpris par son érudition en la matière qui allait bien au-delà ce ce qu'on pouvait attendre d'elle. Elle avait une réponse intelligente et digestible à toutes les questions des petits comme des grands. Après nous avoir appris ce qu'était une « trembleuse » ou comment on extrayait le beurre de cacao (vous n'aviez qu'à être là ;-), elle terminait sa présentation en nous faisant déguster du chocolat bio et « équitable ». Pour avoir bien observé Delphine Ledoux dans ses habits d'époque, je vous assure qu'on peu manger du (bon) chocolat avec modération sans que cela fasse grossir.

Dans une autre salle au même niveau, étaient accroché les peintures de nombreux artistes. On pouvait y voir par exemple, un Christian Panissaud, aquarelliste dont je parle ici ›, un Marcel Pajot, un Maurice Melliet, poète et photographe (entre autres choses) et beaucoup d'autres artistes de la région. Les œuvres seront toutes mises en vente aux enchères le 19 novembre 2008 dès 14h00. Mise à prix : 100€. Venez nombreux avec votre carnet de chèques à l'Hôtel de Vente, 9 rue Bodin, c'est au profit des « Restos du Coeur », une bonne cause. Imaginez acquérir un Pajot pour 150 ou 200€... [ Mise à jour : il s'avère que son tableau s'est vendu bien plus cher que cela ]

Vente aux enchères 19 novembre 2008
[ Note : je me suis rendu aux enchères. Voir le billet ici ]

Ainsi se terminait ma visite au 10ème Salon International du Livre Gourmand. Au fait, à moins de considérer les alsaciens comme des étrangers (qui l'ont été, il est vrai, à deux ou trois reprises dans un passé proche...) je n'ai rien vu qui puisse justifier l'« international ».

Le Salon International du Livre Gourmand - samedi 15 novembre 2008

[1] Queue à l'entrée du salon du Livre Gourmand [2] Marbot fait face aux Des Livres et Nous
[1] Queue à l'entrée du salon du Livre Gourmand [2] Des Livres et Nous fait face à Marbot

Lires rares avec Henry-Pierre Millescamps
[1] un livre rare intitulé « Lettres sur les truffes du Piémont » [2] Henry-Pierre Millescamps, propriétaire de Millescamps, librairie de livres rares à Périgueux

José Correa interviewé par FR3 Périgord
José Correa interviewé par FR3 pour parler des livres qu'il illustre, et notamment de « Le Périgord, des Mets et des Mots » qui vient de paraître aux éditions La Lauze

Démonstration donnée par Hubert TarbouriechDémonstration de Hubert Tarbouriech
Démonstration culinaire donnée par Hubert Tarbouriech

Démonstration de Suzy Palatin - cuisine des Antilles
Démonstration donnée par Suzy Palatin qui autrefois, fut modèle et qui vient de faire publier un livre sur la cuisine des Antilles

[1] Suzy Palatin [2] Pierre Fouquet - Escargot du Périgord
[1] Dégustation de la banane tatin préparée par Suzy Palatin [2] Pierre Fouquet - l'Escargot du Périgord

Le Salon International du Livre Gourmand - dimanche 16 novembre 2008

[1] Dame Tartine [2] Delphine Ledoux
[1] Maryse Ruher Lavaure, Dame Tartine [2] Delphine Ledoux, comédienne

Delphine Ledoux à Périgueux
[1] de bien beaux décors [2] Delphine Ledoux, comédienne

Les librairies de livres neufs ou d'occasions de Périgueux présentes lors du Salon du Livre Gourmand 2008


Honneur aux dames, puis par ordre alphabétique :
Marie-Coppens de La Maison de la Presse
Marie Coppens - La Maison de la Presse
La Maison de la Presse
Marie Coppens
11 place Bugeaud
24000 Périgueux
Tel. 05 53 53 46 30
Fax 05 53 35 08 82

Jacky Rimbault - Des Livres et Nous
Jacky Rimbault - Des Livres et Nous
Des Livres et Nous
Cathy et Jacky Rimbault
34 rue du Président Wilson
24000 Périgueux
Tel. 05 53 53 43 02
Fax 05 53 08 13 78

Gérard Chastang - La Mandragore
Gérard Chastang - La Mandragore
La Mandragore
M. et Mme Gérard Chastang
21-23 rue Limogeanne
24000 Périgueux
Tel. 05 53 53 35 40
Fax 05 53 53 95 40

Henry-Pierre Millescamps - Librairie Ancienne Millescamps
Henry-Pierre Millescamps - Librairie Ancienne Millescamps
Librairie Ancienne Millescamps
Henry-Pierre Millescamps
7, rue Saint-Front
24000 Périgueux France
Tel. 33+ 05 53 09 53 25
Fax 33+ 05 53 09 85 38

Nicolas Géraud entouré de Guy Penaud et de José Correa
Nicolas Géraud entouré de Guy Penaud et de José Correa - Marbot
Marbot Périgueux
Nicolas Géraud
21 cours Montaigne
24000 Périgueux
Tel. 05 53 06 45 20
Fax 05 53 06 45 20
Web www.librairiemarbot.com

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Commentaire de Anonymous boguy , le 16 novembre 2008 23:26  

Une belle ambiance, un beau reportage et des photos à déguster avec passion!

Commentaire de Anonymous Nico , le 17 novembre 2008 17:57  

Bonjour
J'espére voir d'autres photos sur votre blog du salon du livre bravo à vous Continuez

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 18 novembre 2008 07:18  

J'ai trouvé cette édition 2008 tristounette. Moins d'exposants, moins de livres...
Des bruits circulent que ce serait le dernier salon, que c'est trop "élitiste".
Ce serait regrettable d'enlever à Périgueux un évènement qui draine du monde d'un peu partout.
C'est dommage d'avoir le label "ville touristique" et de voir toutes ces animations se réduire à peau de chagrin.
J'espère que ce ne sont que des rumeurs!
Hélène

Commentaire de Blogger Patrick , le 19 novembre 2008 19:14  

Un vrai régal ce reportage, tant par la richesse du texte, que par la qualité des photos.
A bientôt,

Commentaire de Blogger JR-Courbin , le 19 novembre 2008 23:50  

Merci W. pour cet excellent reportage. Les photos illustrent très bien un texte détaillé.
Bonne continuation à toi.
@+

Commentaire de Anonymous Martine , le 22 novembre 2008 07:56  

Je découvre votre blog très intéressant grace à Patrick. J'aime vos photos et votre plume. A bientôt

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