L'homme de fer et de glaise publié le lundi 1 mars 2010

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire par Pascal Serre


Ainsi va l’hiver, ciel diaphane, visages fouettés et blafards, les mains enfoncées dans des poches refroidies il faut aimer le Coderc pour quitter sa maison indulgente qui nous chuchote de rester en sa douce compagnie.

Nous étions tous les six à nous retrouver en ordre dispersé au Bar de la Truffe. C’était un pur hasard même si le téléphone avait fonctionné dès la veille. Un simple café pris à l’extérieur car il n’y avait pas de place à l’intérieur fit notre affaire.

Nous étions frigorifiés et restions quelque peu sans voix. Nous observions en commentant la presse locale apportée par chacun. Nous avions l’enthousiasme en berne sans savoir pourquoi. Vivement le printemps !

Pour nous, en Périgord, et peut-être plus particulièrement sur notre Coderc le marché est un lieu magique qui chasse le vague à l’âme tout en inspirant une poétique où chaque repli est un grenier aux multiples souvenirs faits de visages, de cris, de gestes immuables, d’aventures impétueuses, d’ombres, d’évènements invisibles qui relient la terre au ciel. Le monde des vivants à celui des ancêtres.

Notre Coderc c’est une maison avec ses pièces assemblées pour l’éternité, un voyage des quatre saisons, un mouvement inlassable et pourtant figé dans sa géographie des étals, des bruits, des couleurs et des odeurs.

On a tous une « madeleine de Proust ». Pour notre petite assemblée de copain c’est la place du Coderc. Ne croyez pas qu’elle se limite à ses contours administratifs hérités de l’histoire. Non, c’est un espace intérieur transcendé qui éclot aussi loin que nos pas nous portent. Ce pourrait être aussi la chère gare de Perpignan de Salvador Dali. Cette petite place aux dimensions modestes nous ramène à « l’indépendance de l’imagination », un « rêve de Vénus ».

Puis-je aller jusqu’à dire, paraphrasant toujours Dali « J’ai vécu une expérience cosmique, plus puissante que les précédentes. J’ai eu une vision précise de la constitution de l’univers » en parcourant ce jardin d'Éden ?

Notre Coderc mérite-t-il cet amalgame ? Grouillant, bruyant, odorant, ruisselant de victuailles il invite à l’ivresse du bonheur même par temps de pluie ou quand le gel veut briser l’audace des habitués.

Notre Coderc c’est évidemment avant tout la bonne chère, la cuisine, les courses et commissions annonciatrices de festivités. C’est encore une agora d’exception. Pour les plus humbles et les seigneurs de la cité. Rappelons-nous qu’elle est incontournable pour les ministres et les édiles du magistrat suprême, surtout quand se profilent les temps de la sanction du peuple.

Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques à Périgueux le 27 février 2010
Jean Lassalle député MODEM de la 4ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques sur la place du Coderc à Périgueux ce 27 février - le site web officiel de Jean Lassalle © Pascal Serre
Ces visites trop amidonnées savent-elles qu’ici le débat, les humeurs et rumeurs passent comme les nuages, oscillant du bleu au gris foncé de l’orage, que le sourire et la poignée de main ne signent qu’un assentiment de façade et poli ?

Et puis, contre toute attente – pour une fois nous ne savions rien – nous avons vu arriver un groupe plutôt joyeux entourant un homme à la stature hors du commun par la taille. Christian et moi-même avons écarquillé les yeux car nous voyions fondre sur notre table Jean Lassalle l’homme qui fit 39 jours de grève de la faim pour sauver les emplois de sa vallée Bigourdane.

La poignée de main ferme, solide presque rugueuse, la voix rocailleuse, chantante, brisant le froid et nous transformant en moutons frétillants, il était là. On en oubliait ses amis périgordins Mattera, Ignard, Leturgie ou Mingasson pourtant connus.

Il fallait en ce dernier samedi de février toute la faconde de ce Pyrénéen massif dans son physique et dans son caractère pour ébranler les désabusés de ces roucoulades électorales.

C’est à l'intérieur du Bar de La Truffe, que Jean Lassalle, le député des Pyrénées-Atlantiques, candidat aux élections régionales sous l’étiquette « Forces Aquitaine » a créé la surprise. Il a vissé sur sa tête le fameux canotier d’un journaliste bien connu et s’est laissé dessiné par Pascal Guillerm (qui vient d’éditer un recueil intitulé « Le piéton de Périgueux ») (1) et trois autres dessinateurs périgordins, félicitant le patron surnommé « Calou » qui fête ses 47 ans ce lundi, vantant avec Claude Oulès « les mérites des bistrots de toujours », sans oublier de « payer un coup à boire à tous les présents ».

Jean Lassalle a coiffé le canotier d'Alain Bernard (assis à droite)
Jean Lassalle à l'intérieur du Bar de la Truffe coiffé du canotier d'Alain Bernard © Pascal Serre
Frémissement et émotion quand « le plus people des candidats » (2) a entonné un chant de berger de sa vallée d’Aspe. Notre Coderc s’est un instant retrouvé à l’unisson stupéfié, pétrifié par la magie de cet homme de fer et de glaise.

Nous étions quelque peu sans voix, ce qui est plutôt rare. Christian cassa notre silence alors que les applaudissements nourris accompagnaient le départ du candidat Lassalle : « Bon c’est émouvant, c’est un type très bien mais ne nous laissons pas prendre au jeu. Je ne veux pas faire de jeux de mots mais combien de lendemains d’élections m'ont fait déchanter… » Notre patriarche n’avait pas tort mais nous lui avons répliqué tous les cinq en chœur que « c’est parfois agréable de rêver, de croire, de prendre du plaisir à cette authenticité d’une seconde volée à nos jugements à l'emporte-pièce. » Et de rajouter : « Au delà du symbole de ce chant cet homme est un combattant. Il y a chez lui quelque chose de mythique, d’insondable. Nous sommes entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Comme ici, sur notre Coderc ».
Auteur : Pascal SERRE
(1) « Le piéton de Périgueux » Pascal Guillerm, éditions Fanlac, 15 € [ plus de détails sur le site de l'Agence régionale pour l’Écrit et le Livre en Aquitaine ]
(2) Journal Mediapart du dimanche 28 février 2010 [ voir l'article ]


Pascal SERRE
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Commentaire de Anonymous Didier Delezay , le 1 mars 2010 16:33  

Ce blog est le bienvenu sur mon Ile de La Réunion.

Ceci est un petit clin d'œil aux amis du Coderc en général et à Pascal Serre tout particulièrement.

Ma vie est maintenant ici à La Réunion, mais Périgueux est cher à mon cœur et j'y serai prochainement après un périple à vélo en Afrique du Sud.

Amistat
Didier
http://chansonsetpiments.com

Commentaire de Blogger bresil , le 1 mars 2010 22:44  

Sacré personnage ce Jean Lasalle , heureux de retrouver Alain qu'il connait bien et qui pour le coup lui offre son légendaire canotier .
Un grand moment sur le Coderc

je salue mon ami Didier que je n'ai pas eu le plaisir de revoir ; même pas lors de son intronisation chez mes amis du vin de à Domme.

Commentaire de Anonymous Saturne , le 2 mars 2010 01:37  

C’est donc possible !
C’est la politique qui aura inspiré à Pascal Serre ce que j’estime être son plus beau CANCAN depuis le début de cette chronique. J’ai aimé le beau style à la fois précis et fleuri, avec un je ne sais quoi de « testutesque » qui nous invite à goûter, du bout des lèvres, du fond du cœur, ce zeste de mélancolie naïve que distille le cours des jours d’ennui. Au fil de l’article le ton s’affirme, le plaisir s’affiche, jusqu’à cette belle apologie de ce que pourrait être la politique (ce qu’elle fut pour certains vieux comme moi) : « c’est parfois agréable de rêver, de croire, de prendre du plaisir à cette authenticité… »

Christian n’a pas tort, ne nous laissons pas embarquer par l’émotion, mais sachons aussi ne pas bouder le plaisir d’une belle utopie, d’une envolée au-dessus du pragmatisme ordinaire. Un peu d’idéal, que diable !

Certes, je ne voterai pas pour la liste de Jean Lassalle parce que mes convictions intimes sont ailleurs mais je lui sais gré d’avoir inspiré à Pascal Serre son meilleur CANCAN et une conclusion qui semble invoquer les grands disparus, de De Gaulle à Mitterand, ceux chez qui il y avait « quelque chose de mythique et d’insondable. »

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 2 mars 2010 07:12  

Jean Lassalle.... imaginons cette grotte improbable où le chaman des maux par sa voix, ses gestes, son talent naturel trouverait les forces (d'Aquitaine....)pour réconcilier les hommes et les femmes, proposer une nouveau chemin vers une vie meilleure....
Pascal Serre....Le chaman des mots...
Amitiés

Commentaire de Blogger François , le 2 mars 2010 18:36  

J'ai découvert le cancan du coderc par hasard et ceci m'a permis de redecouvrir la plume de pascal serre dans un autre genre. Un vrai caméléon de la litterature journalistique. Ces éditos ne manquaient pas de référence et de vérités; Que ce soit dans Pouvoirs en Dordogne que je regrette ou dans le Journal du Périgord où nous sommes nombreux a attendre son retour. Alors même si on lis le cancan, c'est quand le retour au journal du Périgord ? Quand à Jean Lassalle comment après cette lecture ne pas adhérer ?

Commentaire de Blogger Marie-Ange , le 2 mars 2010 18:49  

J'avais presque perdu de vue Pascal serre. On m'avait dit qu'il avait cessé ses activités. Et puis je découvre par une amie qu'il écrit sur Périblog.
M'en voici heureuse et ce nouveau style, cette rubrique sont franchement une bouffée d'air pur. Je sais aussi que Pascal possède un solide carnet d'adresses et une connaissance de la politique locale de tout premier plan. C'était un régal que de lire ces articles dans le Journal du Périgord. Pourquoi ne plus y être ? D'ailleurs cela se sent bien l'âme du magazine n'est plus au rendez-vous. Revenez et continuez le "Cancan" s'il vous plaît.

Commentaire de Anonymous Jacques , le 3 mars 2010 07:49  

Le "cancan du Coderc" est désormais une institution. C'est une belle idée. J'ai connu Pascal Serre dans des écrits plus acides, aux multiples références, n'usant que très peu du descriptif mais ici il ouvre une nouvelle plume de son cartable avec succès. Avec ce Jean Lassalle remarquablement amené par l'auteur voici une rencontre à laquelle je regrette de n'avoir pu être présent. Et puis Alain Bernard ! Trublion aux sensibilités si extraverties. Pascal et Alain, quelles richesses sur notre ville !
Une seule chose : pourquoi Pascal Serre n'écrit plus dans le Journal du Périgord ? En quelque mois, cette publication si belle, si riche, si diverse qu'il tenait avec des bouts de ficelles sans que ça se voit semble aller à dans tous les sens. Il avait créé ce magazine, c'est son bébé il faut assumer. Alors reprenez le Journal du Périgord mais continuez le "Cancan du Coderc

Commentaire de Anonymous Chantal , le 4 mars 2010 21:19  

C'est vrai que nous attendons avec une grande impatience ces gentils cancans.
Le plaisir de lire une petite partie de vie de la place du Coderc.

Commentaire de Anonymous Pascal , le 7 mars 2010 15:56  

Bonjour

Vous pouvez voir le dessin de Jean Lassale ici : http://www.sketchcrawl.com/forum/viewtopic.php?f=49&t=4892, parmi d'autres.
Jean Lassale et Alain Bernard ensemble, le canotier de l'un terminant sur la tête de l'autre, suivi d'une chant de berger, un moment vraiment particulier !

Pascal

Politique au placard ? Mauvais signe. publié le lundi 22 février 2010

Le cancan du Coderc est une chronique de Pascal Serre


Malgré le froid et le petit crachin du jour qui fouette le visage et en appelle au vin chaud, sur le coup de dix heures trente me voici au débouché de la place de la mairie dont les jours, en ce lieu historique, sont désormais comptés — par décision municipale controversée — et à l'entrée de ma bonne place du Coderc un peu comme dans la chapelle Sixtine ou la grotte de Lascaux. A chacun ses références !

Diable, je me frotte les mains, saluant ici et là tel ou tel visage connu. Il faut se frayer le passage et c’est tant mieux car cela signifie qu’il y a un peu de monde. On ne s’attarde pas.

Avec Christian, le seul à s’être libéré, nous nous sommes donnés rendez-vous au « Coderc » et l’idée du vin chaud avec sa cannelle guide nos pas.

En marchant péniblement nous évoquons l’émotion causée par l’accident du bus ribéracois en Italie ce mercredi. Christian, grand sage devant saint Front me glisse « La compassion ? Si sincère soit-elle, elle est vaine et illusoire ; parler d’espoir dans de tels moments comme c’est déplacé. Il y a de la souffrance. Ma femme, bigote s’il en est, n’aimait pas que je parle ainsi. Qu’elle me pardonne. »

Arrivés devant le Bar du Coderc nous hésitons entre la terrasse où les fumeurs transis restent péniblement immobiles et la petite salle où s’entasse une clientèle bigarrée mais dont les visages possèdent la carte des abonnés de notre chère Sylvia, patronne des lieux.

Au loin nous regardons Monsieur le Maire traverser « notre Coderc » pour se rendre aux remises de prix qui ont lieu sur la place Saint-Louis. Il s’affiche chaleureux et notons que c’est plus lui qui va vers les gens que ces derniers qui s’empressent à le saluer. Christian Dupuy, au coin de sa rôtissoire, a entendu la sirène et s’essuyant les mains à sa blouse rouge abandonne séance tenante père et poulets rôtis pour embrayer dans le sillage de son patron.

Tout ceci a quelque chose de baroque, de puéril et pourtant de si délicieusement provincial. À l’angle de la rue de la Sagesse et de notre place, deux touristes de type asiatique fixent ces instants avec leur téléphone portable comme si nous étions une tribu d’indiens. Mais ils ont l’air si sympathiques, presque naïfs. On aurait envie de les embrasser et de partager notre vin chaud. Ici, Marco Polo ou Christophe Colomb ont les yeux bridés.

Aujourd’hui nous n’allons pas être bavards, plutôt observateurs. Christian, un peu transis sollicite deux vins chauds et avec de la cannelle « s’il vous plaît ! ». Le serveur surpris mais reconnaissant ses ouailles nous dit dans le creux de l’oreille : « je le fais pour vous mais chut ! ».

Nous reconnaissons tous deux que les privilèges ne sont pas désagréables. Serions-nous des people ?

Christian me donne les nouvelles de « l’Affaire des Boulangers » lesquels, semblent-ils ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de Firmin Gourmet. « Des règlements de compte. Il y a ceux qui ont du pain congelé et ceux qui le préparent et le cuisent. On prétend que le repreneur de notre ami Pichard n’est pas digne de la tradition et serait plutôt un commerçant, pire un industriel. Il aurait perdu des clients par cette simple rumeur. C’est vrai, le pain c’est sacré ! »

Le breuvage achevé, nous sentons nos joues toutes chaudes et les pointes d’oreilles proches de l’éruption. Il est temps de faire un tour de marché cache-nez et chapeau pour Christian, blouson et mains dans les poches pour moi.

Nous croisons madame Cornet, l’épouse de Philippe, oui l’opposant de notre bon maire. C’est que son diable de mari était déjà ce matin à 7h 30 sur le marché pour casser la croûte avec Jérôme Peyrat et quelques colistiers pour les élections régionales. Il a régalé les regrattiers pas vraiment surpris de le retrouver à cette heure matinale en ces lieux. Le « Philippe » parle avec faconde et n’est jamais en mal de bourrades amicales, de petites phrases et de solutions qui le propulsent presque comme le ministre bis d’un Xavier Darcos qui lui a laissé, en haut du mât de Cocagne les clefs de la mairie pour 2014.

Un peu plus loin nous tombons nez à nez avec Alain Bernard qui rentre de Paris où il a couvert pour son journal « Le Paris Cookbook Festival » organisé par Édouard Cointreau (1) que certains ont voulu mettre en concurrence avec le Salon du Livre Gourmand de Périgueux.

Henry-Pierre Millescamps au Salon du Livre Gourmand à Périgueux en 2008
Henry-Pierre Millescamps expert en livres anciens lors du Salon du Livre Gourmand à Périgueux en 2008
Lire un billet sur Périblog au sujet du Salon de 2008
Et voici qu’arrive Henri-Pierre Millescamps, expert en livres anciens : « J’y étais et la ville de Périgueux a pris de nombreux contacts puisque l’invité d’honneur en novembre sera le Québec. » Et Alain Bernard de souligner aussi la présence du photographe périgourdin émérite Denis Nidos dont la carrière n’a de cesse de grimper l’échelle qui mène en haut de l’affiche.

Je me rappelle ma première rencontre avec ce grand gaillard, ancien ébéniste reconverti avec lequel ce fut à la fois un bonheur et un honneur de collaborer. Je lui achetai ses premiers reportages. Je lui présentais Édouard Cointreau qui reconnu le talent et misa immédiatement sur lui. Selon notre expert en livres anciens, on peut pronostiquer prochainement un très beau livre…

Mais Christian revient à son dada : « Mais, honnêtement, ce salon à Paris, ceux de Bruxelles, de Saint-Brieuc, de Vannes que va devenir celui de Périgueux… ? » Je prend la parole : « Oui, le marché du livre de cuisine est en pleine expansion et il y a de la place. Mais faut reconnaître que Périgueux tergiverse, ne prends pas la mesure de l’enjeu et que de la complémentarité on passe vite à la concurrence et à la cacophonie. À la sortie nous pourrions n’avoir que nos libraires, éditeurs, restaurateurs et les Périgourdins. Édouard Cointreau a pris les devants. Il a laissé toutes ses chances à Périgueux en offrant un espace. Mais, sans critiquer, je cherche vainement une ambition politique… »

Alain Bernard s’est enfui car il va à Ribérac pour les obsèques d’Agnès Dosilé, la professeur d’histoire et de géographie décédée dans l’accident du car en Italie. Christian a décidé de faire ses courses. Henri-Pierre Millescamps m’invite à prendre une bière.

Il est presque treize heures. La nettoyeuse nettoie la place à grands jets d’eau. Les derniers revendeurs évacuent leur véhicule. C’était un samedi 20 février comme les autres. La politique était rangée au placard. Ce n’est pas bon signe pour un Périgordin. À la semaine prochaine.
Auteur : Pascal SERRE
(1) Édouard Cointreau directeur général du Salon international du livre gourmand de 1998 à 2002. Cette année-là il a estimé qu’il devait laisser Xavier Darcos mener sa propre politique sur cette manifestation. Il a gardé d'excellents souvenirs de la manifestation périgourdine et s'est appliquée à lui donner une dimension internationale tout en limitant le parisianisme à outrance.
La remise des prix lors du marché au gras de 2009
Christian Dupuy conseiller municipal délégué au commerce, à l'artisanat et au commerce forain et Michel Moyrand maire de Périgueux (à droite sur la photo) lors de la remise des prix au marché au gras édition 2009 - voir plus de photos sur ce marché primé ici
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Commentaire de Anonymous Bernard G. , le 23 février 2010 04:15  

Finalement, à lire vos papiers, on parle toujours des mêmes, comme si Périgueux et la place du Coderc étaient le centre du monde... Et une fois encore, ce ton au combien ironique sur Moyrand, finalement, on ne vous refait pas vous hein! C'est d'un pathétique tout ça!

Commentaire de Anonymous chantal , le 23 février 2010 06:11  

Je ne trouve pas ce discour pathétique.
Je trouve que c'est tout simplement la vie et j'en remercie Mr Serre de nous faire partager ces petits samedi sur la place du coderc où je réside tout à côté.

Merci !!!

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 23 février 2010 08:10  

On ne peut pas plaire à tout le monde!
Heureusement que nous sommes nombreux à apprécier ce "cancan du Coderc", notre place du village à nous.
En ce qui concerne l'ironie vis-à-vis de Moyrand, on peut dire que Pascal Serre est fidèle à ses opinions et ne se cache pas derrière une hypocrisie de circonstance comme c'est le cas de bon nombre de lèche-bottes du maire actuel!

Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 23 février 2010 13:31  

J'apprécie cette rubrique, agéablement écrite, fraiche, faites de potins locaux. On y retrouve parfois des reflexions de comptoir qui valent, à mon avis les bourrages de crânes de nos médias et de nos politiques ! Chouette, nous allons manquer de pétrole ! les idées et le bon sens vont ils en profiter pour revenir ?

Commentaire de Anonymous DALLEMAND , le 23 février 2010 16:42  

Il faut -de temps à autre- définir où se situe très précisément le Centre Géographique du Monde habité. Après Jules VERNE et ses divagations, après Salvador DALI et sa modeste station brouillardeuse sise en Catalogne (Dieu seul sait que la Catalogne est partout sauf en Périgord). Allons, petits jaloux, vos complexes de sous-préfecture pourraient désormais vous coûter l'obtention du passeport PERIGORD ; sachez qu'il est clairement établi ce Centre du Monde ; il s'agit bel et bien du CODERC. Le CODERC ? Pays de l'Homme objectif. Parfaitement objectif puisque je pourrais tout aussi bien critiquer Henry MILLER qui ne jure que par Lascaux. Je vous demande un peu ce que Lascaux viendrait faire au centre
du monde. En toute objectivité, bien entendu.

Commentaire de Anonymous Simon B , le 24 février 2010 10:58  

Finalement, je dois aimer lire ce "cancan du Coderc"que je suis régulièrement mais comme B, je le trouve souvent tendancieux et quand on parle de lèche bottes du maire actuel, je ne peux m'empêcher de penser à ceux du maire précédent.
Autre chose, dire à René qu'il y a des parkings dans cette ville et que je n'y ai jamais eu de PV ; par contre j'en ai eu un devant le domicile d'un parent (hors centre ville) ou du temps de MR Darcos, une rue avait bénéficié d'une multiplication de passages piétons inutiles gênant le stationnement des riverains eux mêmes ; heureusement MR Moyrand s'est déplacé, a constaté et a fait remédier à cette ineptie.

Personne n'est parfait!

Pause café publié le lundi 15 février 2010

Le cancan du Coderc est une chronique de Pascal Serre


Nous voici au petit matin du samedi 13 février. Veille de la Saint Valentin. Le temps est sec, froid avec un soleil qui voudrait faire oublier les morsures du gel.

Prévenant une température à notre goût polaire nous avions exclu nos fameuses « huîtres » et savions qu’un  café bien chaud ferait l'affaire.

Nous avions convenu le rendez-vous au bar de « La Truffe », chez Pascal Mesmin, à onze heures. Christian, Jean-Paul et Alain s’étaient décommandés à notre grand regret.

A l’intérieur, Bernard prenait son premier café assis au milieu d’une tablée de visages connus pour certains toujours emmitouflés, la casquette encore vissée sur la tête et le cache-col autour du cou.

Une épaisse buée plaquée contre la vitre du bar transformait le lieu en un champ clos, coupé du froid et du monde. J'eus le plus grand mal à me frayer un passage. Disant bonjour d’un côté, faisant du coude de l’autre. Au comptoir, cafés, petits blancs et demis faisaient bon ménage. La pendule marquait onze heures et dix minutes.

A la table des copains, au fond de la petite salle, la discussion était vive, très vive même. Les anciens potaches s’en donnaient à cœur joie. Comme d’habitude les joutes politiques constituaient le « pré carré » des fidèles garnements qui brocardaient avec affection leurs représentants où qu’ils soient et quoiqu’ils fassent.

Un ancien instituteur dont le nom m’échappe s’insurgeait contre le débat sur l’identité étranglé : « savez-vous que les enseignants basques écrivent leurs lettres au rectorat en basque ? La Loi est claire, les documents officiels doivent être en français. Et bien ils continuent au grand regret des agents qui reçoivent les lettres et ne peuvent les comprendre. Personne n’en parle. Le coup des « minarets » c’est plus médiatique. » Un ancien policier qui entendait préciser « de la police nationale » ayant conservé ses entrées poursuivit : « Sur Périgueux, le nombre de procès-verbaux aurait doublé en une année. Tout ça pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ou de la commune. On a beau dire mais il y a encore vingt ans on ne parlait pas de rendement, de résultat. Ça me dégoûte et je peux vous dire que je ne suis pas le seul. » Tous les autres dodelinent de la tête en signe d’adhésion.

Derrière moi, la porte s’ouvrit laissant entrer un courant d’air glacial qui coupa la conversation.

C’était René. Il avait voulu « monter » comme il dit du Toulon en voiture et avait mis presque une demie heure pour se garer. Il n’était pas très content : « Et d’ici que je prenne une « prune » ! Ma femme ne veut plus venir faire ses courses en ville. L’an passé j’ai pris trois procès-verbaux de stationnement. Autant qu’en dix ans écoulés. Il faisait trop froid j’ai pris la voiture. »

Une table se libéra. Je m’y assis derechef. René enfourcha une chaise et barra tout accès à notre lieu de délibération. Bernard nous rejoignit. Tout en se frottant les mains pour se réchauffer, René interpella : « Trois cafés, s’il te plait Pascal ! »

Nous essayâmes maladroitement d’écouter la conversation de nos compères d’à côté. Ils étaient six ou sept. On ne savait plus. Ça allait et venait. Le brouhaha était assourdissant mais nous captions l’essentiel.

Ainsi, un expert en assurances dont nous tairons le nom : « Vous avez vu comment nos socialistes parlent ? Après Moyrand (1) qui dit sans ménagement, en plein conseil municipal, à l’opposition de se taire voici que Cazeau (2) lors de la dernière session du conseil général, cette semaine, après avoir indiqué que c’était lui qui donnait la parole s’est fait traité de dictateur ! Ça promet pour les prochaines semaines… »

Un retraité de l'administration départementale coupa la diatribe : « C’était déjà comme çà quand j’y étais avec Bioulac (3). N’oubliez pas que ce sont des gens comme les autres et qu’ils sont soumis à des pressions permanentes. » Le pauvre vit plusieurs mains se poser sur ses épaules et un de ses copains lui dire : «  mais oui, on les plaint. Tu te sens mieux ? »

Jeannette (4) arriva. Ni une, ni deux, elle virevolta : « alors les hommes on refait le monde ?! » Distribution de bises et notre « copine » prend la conversation en route : « Pascal, un kyr ! »

Nous voyant elle dit : « Ah je ne me lève pas. Vous venez me faire la bise ! » Nous nous exécutâmes.

Dés lors nous assistâmes à deux conversations parallèles.

«  Comment vous l’appelez celui qui a fait la grève de la faim ? Il paraît qu’il est venu à Périgueux, hier soir, à la gare. »

«  Oui, je me rappelle pas son nom mais c’est un copain à Bayrou. »

Bernard se pencha vers le centre de la table et nous fit signe de nous rapprocher : «  C’est Jean Lassalle. Il est venu pour les élections régionales. J’ai entendu dire que le ministre du Budget, Eric Woerth, viendrait à Périgueux autour du 9 mars. Ce sont les grandes manœuvres… Mais la gauche va conserver la majorité. »

Jeannot Boussuges dit « le Poète du Coderc ».
Lire « Ode à Jeannot », un poème composé par Xavier Darcos ministre du Travail pour Jeannot à l'occasion de la remise de ses palmes académiques
René de poursuivre : « Oui, mais Moyrand et Darcos vont regarder au microscope les résultats sur Périgueux pour mesurer la situation municipale… C’est là l’enjeu les petits gars. » Je partage son avis. Et Bernard de dire : « Darcos est en service commandé. Il sera récompensé. Il sait bien qu’il ne peut pas être ministre et président de région… Certains parlent que Sarkozy le garde dans la liste des futurs Premiers ministres. »

Nous profitions, pour une fois, de ces débats qui n’avaient – reconnaissons-le – rien à envier aux nôtres. Mais sans nos autres « potes » on se sentait orphelins.

J’en profitai quand même pour donner des nouvelles de notre poète du Coderc, Jeannot Boussuges : « Maurice Melliet (5) qui va le voir tous les jours m’a dit qu’il avait eu un accident cardio-vasculaire, qu’il se reposait à Lanmary (6) et entamait une rééducation. Il récupèrera petit à petit… » La petite équipe était rassurée et le message serait transmis aux absents car Jeannot est une figure à laquelle nous sommes attachés.

René devait acheter une carcasse d’oie pour faire de la soupe et, ensuite, la faire griller. «  C’est pas cher et excellent » dit-il.

Raphaël et Jean-Louis Chartroule de Milhac-d’AuberocheRené, en bon Périgourdin, a ses habitudes. Pour lui, il faut se rendre chez Raphaël et Jean-Louis Chartroule, face au magasin Jacadi et à la Halle. Ceux-ci viennent tous les samedis de Milhac-d’Auberoche. Selon René : « C’est une vieille famille périgourdine qui produit des conserves de foie gras d'oie, terrines, confits, magrets, rillettes... ainsi que des poulets fermiers élevés au grain de la ferme et prêts à cuire et des oies grasses découpées avec leurs quartiers, carcasses, foie ou abattis. Leurs produits sont totalement maison, en fonction des saisons. »

À l’angle de la place et de la rue Limogeanne, face à « Game », magasin de jeux vidéo nous trouvâmes Jean-Jacques Dallemand (7) qui est animateur de « Marines Poésie ». Il était en pleine discussion avec un jeune habillé de bleu et portant un badge Unicef. Nous les saluâmes et entreprîmes  une courte conversation. Ce jeune qui se prénomme Nicolas venait de Toulouse et quêtait pour l’organisation internationale. Il trouvait les Périgourdins radins. «  Ça rime mais c’est peut-être aussi qu’ils n’ont pas d’argent » releva René toujours prêt à dégainer.

Il était midi. Quelque peu désorientés, le temps se couvrant et virant au camaïeu de gris annonciateur de neige, nous mettions un terme à notre escapade hebdomadaire. L’enthousiasme n’était pas de rigueur.
Une sorte de pause café.
Auteur : Pascal SERRE
(1) (1) Maire de Périgueux
(2) Sénateur  depuis 1998 et président du conseil général depuis 1994
(3) Président du Conseil général de la Dordogne de 1982 à 1992
(4) Voir le cancan du Coderc du samedi 26 décembre 2009
(5) Personnalité de la publicité et des médias qui œuvre pour de nombreuses actions humanitaires et poète membre des Hydropathes
(6) Maison de convalescence située à Antonne-et-Trigonant
(7) Sociologue des Arts. Voir le blog de Jean-Jacques Dallemand

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Commentaire de Anonymous Un insomniaque , le 17 février 2010 05:37  

Merci à l'auteur pour l'agréable moment que j'ai eu en lisant son cancan.
Je souhaite un prompt rétablissement à Jeannot le poète du Coderc et j'offre ma reconnaissance à notre ami Maurice Melliet qui l'a découvert et a été son protecteur durant toutes ces dernières années.

Commentaire de Anonymous Chantal , le 21 février 2010 18:26  

Toujours aussi interessant ces gentils cancans ...
Merci !!!

La virée du ministre publié le lundi 8 février 2010

Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre


C'était annoncé en toutes lettres dans la presse locale : Xavier Darcos sera à Périgueux ce samedi matin. Lever de rideau sur une campagne électorale (1) qui s’annonce comme un « choc » entre l’ancien maire de notre bonne ville… Xavier Darcos et son vainqueur Michel Moyrand.
 
Les journalistes sollicitent M. Moyrand
Il faut maintenant faire face à la presse... Michel Moyrand (PS) vient de remporter la mairie de Périgueux
Christian (2) ne voulait en aucune façon perdre une miette du passage obligé du ministre par notre bonne vieille place du Coderc. Il avait fait le tour des popotes pour nous dire qu’il y serait au milieu de la matinée. Il fixa d’office notre point de rendez-vous pour un simple café chez Marie Deleporte ( Fée Maison ) estimant que c’était, en terrasse, un excellent point d’observation sur les deux accès possibles : la place de la mairie ou la rue des Chaînes. Heure impérative : dix heures quinze.
 
Si le temps se voulait incertain, la visite était assurée. Le spectacle pouvait débuter.
 
A l’heure dite nous nous retrouvions, Christian, René, Jean-Paul et Alain. Bernard ne pouvant se joindre à notre équipée. Honnêtement nous étions tout émoustillés par cet événement à consonance purement locale mais aux délices gaillards.
 
Xavier Darcos et François Fillon
Xavier Darcos, alors ministre pour l'Éducation et François Fillon, Premier Ministre avec Yves Guéna, Jean-Paul Daudou (tous les deux à droite) et bien d'autres, lors de la campagne pour les élections municipales de 2008 à Périgueux
Christian avait acheté la presse locale et nous fit sa « revue de presse » : « Regardez ça : Xavier Darcos est-il bienvenu à Périgueux ? Et bien moi je vous dis que oui et on va bien le voir ici, sur ce marché. La place du Coderc est un véritable institut de sondage en miniature. »

Malgré le monde qui se bouscule dans sa maison, Marie nous sert les « expressos » tant attendus. Nous les avalons presque d’une traite, comme des gamins qui se languissent du Père Noël. Le marché est à son zénith. Les affaires semblent reprendre. Christian qui a invité ses petits enfants à déjeuner dimanche nous propose — après le passage du ministre — de faire les emplettes avec lui. Histoire de prendre le pouls de ses « fournisseurs ». Mais, attention, ici la politique est discrète, sans signature. Il faut décoder plus un signe de la tête, un regard, que les propos échangés. Tout est dans le non-dit.

Il devait être presque dix heures trente quand il y eut un frémissement du côté de la mairie, vers la Halle. Ni une, ni deux, nous voici debout. De vrais gamins vous dis-je. Au milieu des commerçants nous devinons, de dos, Xavier Darcos. Il est pas seul, loin s’en faut. Son épouse Laure est là, tout sourire. Philippe Cornet, le leader de l’opposition investi au soir de la défaite pour reconquérir le fief municipal n’a de cesse de serrer des mains. Le cortège est au complet : les conseillers municipaux hier encore dépités du départ de leur gourou jouent la « vieille garde » au soir d’Austerlitz.
 
Michel Lopez, Xavier Darcos et Laure Darcos le soir des résultats où il apprendra qu'il a perdu la mairie de Périgueux
Xavier Darcos le soir de la défaite aux municipales de 2008, remercie Laure, sa femme, visiblement émue et ses amis, comme ici Michel Lopez à sa droite
Du côté de la fromagerie Thieullent les bras se tendent, les langues se délient pour déplorer la chute « d’un enfant du pays. » Voici Xavier Darcos interpellé : « Alors, Monsieur le ministre vous êtes encore là ! » Et ce dernier de répondre : «  Mais je n’ai jamais quitté ma ville ! »  Deux pas de plus et une passante ébahie renchérit «  Il faut revenir monsieur Darcos ». Et ce dernier de dire : «  Pourquoi voulez-vous que je revienne, je suis déjà là. » Et de se retourner en cherchant Philippe Cornet, le saisit et le ramène vers la dame : «  Vous connaissez Philippe ? Et bien nous travaillons en tandem et ça marche. Allez, on se fait la bise ? »

Philippe Cornet sur la place du Coderc en 2009
Philippe Cornet (UMP), avocat et chef de file de l'opposition municipale à Périgueux
Arrêt devant le bar « La Truffe ». L’ancien maire n’a rien perdu de sa séduction il salue tout le monde et se rappelle du patron, Pascal Mesmin. Regrattiers et producteurs ne refusent pas la poignée de main tendue.
 
Et Christian de se retourner : «  Alors ? Il n’est pas le bienvenu ? » René est dubitatif mais respectueux, il se retrouve à serrer la main du « Ministre » : « oui, bon mais vous savez il a quand même été battu et je vous le dis je n’ai pas voté pour lui. »

«  On s’en doutait bien, rétorque Alain, un inconditionnel qui a bien connu le père de Xavier Darcos quand il était adjoint de Guéna, mais avoue quand même qu’il a fait des choses pour Périgueux et que si les élections étaient aujourd’hui je ne crois pas qu’il serait battu… »

Tout le monde s’embrasse, se congratule, se rassure. Le cortège passe au milieu du marché et suspend un instant les regards interrogatifs, admiratifs ou, pour quelques uns plus distants.
 
L’horloge de la bourse du « Coderc » est suspendue. On fait du coude à coude, on se pousse pour voir ou dire un mot à « Xavier ».
 
Une note de blues parfois fait jour, bien vite étranglée par « Les grognards » qui sont tout rayonnant de cet accueil.
 
On se croirait presque au col de Laffrey, le 6 mars 1814, quand le Maréchal Ney devait arrêter l’Empereur Napoléon de retour en France.  C'est là que se déroula à la « Prairie de la Rencontre », ainsi nommée par Stendhal, la fameuse scène immortalisée par le peintre allemand Steuben : Napoléon ouvrant sa redingote s'avance devant les soldats royalistes et leur crie : « Soldats du 5e ! Reconnaissez votre Empereur ! S'il en est qui veut me tuer, me voilà ! » Les soldats se rallièrent.

Un couple dont le visage nous est connu se murmure : «  Il aurait fait çà pendant la campagne on en serait pas là… »

Et tout ce beau monde s’engouffre dans la rue Limogeanne direction l’hôtel de la préfecture où, selon Christian, il va remettre la médaille du mérite à une de ses anciennes adjointes, Marie-Christine Sanjuan : « je la connais car elle est très engagée dans les milieux catholiques et ma défunte femme qui la fréquentait m’en avait parlé plutôt en bien. » Et René de compléter : « Oui, surtout qu’il paraît qu’elle pourrait se présenter aux élections cantonales sur Périgueux-Ouest… Enfin c’est ce j’ai cru comprendre. »
 
Comme prévu Christian fait ses emplettes. Nous le suivons. Le voici avec Christian Laparre dont la famille est présente sur la place depuis un demi siècle. Les moustaches avenantes on l’entend de loin vanter ses produits. Tout en honorant la commande de Christian il s’épanche peu : « Oh vous savez, chaque fois qu’il y a une élection c’est pareil. Je suis habitué. J’en ai vu passer. Ça me fait ni chaud, ni froid. »
 
Nous allons sous la halle, chez Pascal et Dominique Florenty. « Je les aime bien, dit Christian, ils sont tout jeunes ici. J’y prends mes charcuteries et j’alterne avec d’autres anciens de la Halle… »
 
Pour le couple de charcutiers « cette visite est une bonne chose mais nous avons tellement à faire que nous ne nous sentons pas concernés. Nous sommes des petits. On a besoin avant tout de travailler… »

Nous quittons la halle et Christian nous amène chez un vieux briscard du marché, Roland Canler. « Lui, nous explique notre ami, c’est la troisième génération à venir ici. Il a d’excellentes volailles et je vais lui en prendre une pour mes petits-enfants. Ils adorent. »

Arrivé Christian tâte son copain : « Alors ? Tu as vu le ministre ? »
 
« Oui, répond Roland, mais tu sais moi j’ai connu Guéna, c’était encore autre chose. Il passe encore parfois avec son épouse. Ca me rappelle plus de choses que Darcos. Et puis, Moyrand est sur ma commune… Je connais un peu son épouse. Et puis, tu sais je pars à la retraite alors tous ces trucs de politique çà m’amuse plus qu’autre chose. Que prends-tu aujourd’hui ? »

Enfin, c’est l’achat du pain : « Vous savez, dit Bernard en tête de notre équipée et se frayant un chemin au milieu du marché que Pichard a vendu ? » Christian l’a vu dans la presse : « Et oui, c’est la vie. Je crois que c’est un certain Grégory Fourey qui a pris la suite. On verra bien. »
 
On ne parle plus de nos impatiences du matin à l’idée de « voir Darcos » comme des enfants qui ont déjà ouvert le cadeau de Noël et reviennent vers leur vieille malle où sommeillent les vieux jouets usés.
 
Christian : « Comme vous m’avez accompagné sans râler je vous offre un café au « Coderc » chez Sylvia. » Et tous de reprendre : « Ah non, un kir pour fêter tout çà ! Il est presque midi. Et avec ses cacahuètes. »

Le temps s’est couvert, la « virée du ministre » n'est presque plus qu’un souvenir. Le quotidien a repris ses marques. Tout près, la famille Dupuy, accoudée à la « rôtissoire » glane quelques échos car, bien évidemment, le ministre n’est pas passé les saluer (3)… Jeanine vend ses huîtres et nous la saluons de notre petite table d’où la pluie va nous chasser.
 
Presque désemparé nous nous séparons. Chacun un peu sur sa faim. Nous nous accordons sur un point : « La politique ? C’est l’art du tragique. Servitudes, hypocrisies, mensonges mais encore une absolue nécessité. »
 
Avant de quitter mes amis et leur donner rendez-vous samedi prochain je leur confie : « Darcos a rédigé un brillant ouvrage sur l’historien et philosophe romain Tacite, il a mis en avant-propos cette citation : les exemples perdurent plus longtemps que les modes de vie. A l’époque il m’a rajouté : je t’assure que je ne quitte pas Périgueux des yeux. C’était en février 2007. À suivre les gars ! »
Auteur : Pascal SERRE
(1) Élections des Conseillers régionaux les 14 et 21 mars prochains.
(2) Pour en savoir plus sur les personnages voir les précédentes chroniques
(3) Christian Dupuy est maire-adjoint de Michel Moyrand, socialiste


Pascal SERRE
Rédacteur en chef :
  • JOURNAL DU PERIGORD
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Membre :
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Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 9 février 2010 07:24  

Un vrai bonheur de revoir Xavier DARCOS "chez lui"!

Nombreux sont ceux qui ont voté Moyrand pour sanctionner le ministre de l'éducation et on voit le résultat aujourd'hui: beaucoup d'argent dépensé, aucun investissement pouvant générer un quelconque retour pour la ville, les commerces qui déclinent.
Et certains parlent déjà de sanctionner le ministre du travail!

Il serait peut-être bon de penser à notre ville, notre région, et ce qu'un ministre peut leur apporter en termes de financement, en essayant d'oublier l'appartenance politique en faveur du bien régional...

Xavier DARCOS recevait les délégués de Marbot-Bata à la préfecture pendant que Moyrand s'agitait devant la même préfecture pour soutenir les employés de Neuvic.
Mais qu'a-t'il fait pour les employés de Pier Import, commerce du centre ville de Périgueux?
Il n'a même pas eu un geste, qui aurait pu être de sa poche, pour aider les salariés de ce magasin a monter à Paris pour défendre leur dossier!

C'est clair que c'était moins médiatique...

Si seulement les électeurs avaient pensé à Périgueux lors des dernières municipales!

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 9 février 2010 11:45  

C'est fou ce que les gens ont la mémoire courte, de vraies girouettes. Certes Moyrand et son équipe ne sont pas des flèches- mis à part pour déplacer cette fichue mairie...- et qu'il n'inspire plus le moindre zeste de confiance, mais tout de même, aller faire de la lèche à Darcos parce qu'il est ministre, c'est d'un pathétique! Et s'il n'était plus rien, redevenu qu'un simple citoyen, y aurait-il autant d'adeptes de la Restauration? Je me souviens de ce qu'on disait à Paris en 1944, Pétain vient en juillet et est acclamé, de Gaulle arrive fin août et est acclamé, je vous le dis; tous des girouettes! Bah, quand je lis ça, j'ai un peu honte, et ce Cornet à serrer des mains et à payer des coups, quelle histoire!

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 9 février 2010 12:13  

Il faut décoder plus un signe de la tête, un regard, que les propos échangés. Tout est dans le non-dit.

voilà qui montre bien l etat desprit de perigueux du faux et du faux,

on se couche tous devant tant d hypocrisie...

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 9 février 2010 16:37  

Et se cacher derrière l'anonymat ce n'est pas hypocrite?

Commentaire de Anonymous Saturne , le 10 février 2010 00:16  

« Honnêtement nous étions tout émoustillés par cet événement.. »
Décidément, certains se contentent de bien peu ! Il suffit donc de ÇA pour créer l’évènement !
Vivement que les régionales soient passées pour que Périblog nous lâche un peu les urnes !
(Elle est bien belle la photo de Maître © !)
Un bon point tout de même : si les deux blogueurs de Périblog affichent leurs sympathies, ils ont le courage d’afficher aussi leur identité. Ce n’est pas le cas de certains rapaces nocturnes qui sévissent sur la ville depuis l’impasse du Hibou (ou quelque chose comme ça).

Commentaire de Blogger Periblog , le 10 février 2010 11:19  

Un commentaire a été posté hier soir par Saturne sur le dernier cancan du Coderc et celui-ci accuse son auteur et moi-même d'épouser, plus la cause d'un candidat (Philippe Cornet (UMP) en l'occurrence) que celle du maire de Périgueux Michel Moyrand (PS)...

Je ne peux parler ici que pour moi-même qui, comme tout le monde a ses croyances et ses penchants. Si je m'exprime parfois d'une manière passionnelle sur certains sujets, je n'ai jamais cherché a faire épouser mes vues par quiconque. Je désire que Périblog reste indépendant, modéré et soit ouvert à toutes et à tous quelles que soient vos opinions.

Ce blog se veut aussi modérément politique que possible. Je suis (et je crois savoir que Pascal l'est aussi) passionné par tout ce qui touche le Périgord et ses habitants. Cela rend les réflexions politiques, notamment en cette période d'élections régionales, parfois inévitables.

Mais Périblog c'est surtout autre chose qu'un réceptacle d'opinions politiques et vous le savez peut-être pour être parmi un nombre croissant de visiteurs* à venir chaque mois nous rendre visite.

W

* Présentement entre 9 000 et 11 000 visites mensuelles (Sources : Google Analytics)

PS concernant les photos : je suis l'auteur de toutes les photos publiées sur Périblog, sauf là où j'ajoute le symbole © comme sur la présente photo de M. Cornet qu'une connaissance m'a prêté, et sauf là où cela semble évident qu'il s'agit d'un autre photographe, comme pour les photos sur le sauvetage à Haïti récemment.

Vous ne pouvez pas me reprocher de ne pas avoir rendu le ton des légendes sous les photos de l'article équilibré et informative.

Commentaire de Blogger La Chouette , le 10 février 2010 14:49  

Merci pour ces cancans du Coderc qui sont un régal!

C'est comme ça Willian. Il suffit de citer le nom d'un personnage politique pour qu'un militant de l'autre bord, dans son extrême sagacité, accuse de connivence.

Il faut dire qu'un militant n'est jamais qu'un militaire auquel on a échangé le fusil contre des tracts.

Ne le prend pas pour toi. Certains ne perçoivent le réel qu'en deux couleurs, la bonne et la mauvaise. Rajoute une pincée d'aigreur, une goutte de mauvaise foi, mélange et tu obtiens le cocktail de l'insignifiance, une pathologie qui touche au saturnisme politique.

Commentaire de Anonymous Pascal Serre , le 10 février 2010 18:01  

“Et oui, la petite bande de Périgordins se contente de peu à l’aune des joutes politiques. Elle est le miroir d’une vie populaire qui est observatrice sans se vouloir actrice. Elle préfère “ on ne nous dit pas tout” à “Je vous ai compris” (sans connotation historique SVP). Les fameuses urnes durent une journée, leur “place du Coderc” est éternelle. L’Homme passe avant les pensées assassines. Elle revendique une naïve (?!) jeunesse qui se satisfait effectivement... de peu. Mais le bonheur est aussi à ce prix !”
Pascal SERRE

Commentaire de Anonymous Nino , le 11 février 2010 00:34  

« Saturne » a probablement tort : la virée électorale d’un ministre parti à la pêche aux voix n’est pas un mince évènement puisque, outre le bonheur du chroniqueur venu observer la scène, il suscite une belle petite dizaine de commentaires ! Pourtant je n’étais pas loin de partager l’agacement amusé de « Saturne ». Son intervention, qui rend ostensiblement hommage à William Lesourd et Pascal Serre, ne me semble pas mériter une telle levée de boucliers, surtout si on la compare au commentaire très « engagé » de Madame ROBERT qui, lui, ne semble pas vous avoir ému !
William, personne ne vous demande de vous justifier et si le portrait angélique de Monsieur CORNET n’est pas votre œuvre, vous n’avez pas à vous en excuser.
Vous écrivez, dans votre commentaire de commentaire : « je n’ai jamais cherché à faire épouser mes vues par quiconque. » Peut-être « Saturne » s’est-il souvenu, comme moi, de l’injonction par laquelle vous demandiez à vos lecteurs de « renoncer à (leurs) convictions » pour assurer la réélection de Monsieur le Maire sortant. Bien que je ne sois pas électeur à Périgueux, cet appel au renoncement et à la trahison de soi-même m’avait choqué et blessé et je vous l’avais fait savoir.
Ce détail ayant été rappelé, il est bien évident que personne n’est autorisé à régenter votre blog, que vous y exercez votre libre arbitre et y exprimez librement vos opinions et vos sympathies. En contrepartie, puisque vous souhaitez que vos billets soient commentés pour accélérer le référencement de votre blog, acceptez que nos réactions ne soient pas toujours strictement conformes à ce que vous attendiez.

Monsieur SERRE, je crois avoir bien compris (comme « Saturne » sans doute !) le sens de votre « CANCAN ». D’ailleurs l’intitulé lui-même en donne le ton. Je sais aussi que votre longue expérience d’éditorialiste et votre facilité à manier les premier, deuxième et troisième degrés vous permettront de poursuivre longtemps ce petit jeu pourtant très casse-gueule.

A Saturne, bonsoir.

Commentaire de Blogger Periblog , le 11 février 2010 03:01  

Bonjour Nino, je me souviens en effet de mars 2008... désolé de t'avoir blessé à cette époque.

Je soutenais Xavier Darcos avec conviction, non pas parce qu'il était de droite, mais parce qu'il m'apparaissait de par son statut de ministre du gouvernement, de l'énergie qu'il dégageait et de son affection pour la ville, comme un choix logique pour assurer les transformations nécessaires afin que Périgueux puisse trouver, dans une Dordogne où elle fait pauvre figure aux yeux du monde, une place d'honneur parmi des villes plus connue et plus dynamiques telles que Sarlat ou Bergerac. Il fallait, selon moi, que M. Darcos gagne ces élections pour qu'il puisse achever son projet intitulé "Périgueux 2010" pour lequel il avait reçu la « Mariane d'Or des maires de France », et qui incluait de nombreuses restructurations bénéfiques pour la ville et ultimement pour ses commerces et ses habitants. Parmi ces projets, on comptait notamment le parking souterrain sur le site de la place Mauvard et le développement du Bas Saint Front, projet cher au "hibou" dont parle Saturne. Avais-je tort de croire que Darcos seul avait le talent de négociateur et le pouvoir politique d'accomplir cela ? Je sais que beaucoup de gens aujourd'hui partagent mon opinion, et parmi eux des personnes qui ont voté non pas pour M. Moyrand par conviction, mais contre M. Darcos ou plus précisément contre Nicolas Sarkozy et le côté bling-bling qu'il représentait.

Nous sommes aujourd'hui en 2010, date à laquelle ces projets devraient être en cours ou engagés dans la dernière phase. Malheureusement, si je me fie à ce que j'ai vu en passant par là, dimanche dernier, la place de la Clautre, le parking Mauvard ainsi que le Bas Saint Front étaient toujours aussi laids et ceci, non pas à cause des grues ou des engins du BTP qui devraient être à l'œuvre aujourd'hui, mais parce que pas un pavé et pas une pierre dans ces lieux n'a changé de place.

La raison pour laquelle je réponds à Saturne et non pas à Hélène, c'est parce que contrairement à Hélène, Saturne met en doute l'indépendance du blog en matière de politique. Je ne vote pas pour un parti mais pour une femme ou un homme et les vues qui l'accompagnent. En 2008 j'avais lu le programme de chacun des deux candidats principaux. L'un d'eux m'a paru plus bénéfique pour Périgueux que l'autre, et c'est celui-là que j'ai tout logiquement choisi de soutenir.

Merci Nino, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à lire ton commentaire. Tu as une bien belle plume. W

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 11 février 2010 08:34  

William aura au moins eu le mérite d'être un électeur responsable ne prenant en compte que le bien de sa ville Périgueux, avec une vision à long terme.

Ceux qui ont été sanctionnés en fin de compte avec ces "votes sanctions" qui ont mis en place Moyrand, ce sont les habitants de Périgueux...

Quand on voit la vitesse à laquelle la ville se degrade, commerces qui ferment, rue sales, patrimoine tagué, le Greffe qui est l'entrée de la ville toujours aussi minable...Alors merci à tous ces "sanctionneurs"!

Commentaire de Anonymous Shogun du Rond point des Lions , le 12 février 2010 00:14  

Je vois que le petit monde du centre ville se serre les coudes, mais, de Darcos, à part dire qu'il est ministre et tout le tintouin, franchement, qu'apportait-il d'autre que l'entretien du copinage- tout au Conseil général je le concède volontiers!-, de l'abus et de l'enlisement? Moyrand a "sa mairie", son joujou, et bon nombre en amont et en aval ont cru en lui, bien avant qu'il prenne cette équipe-ci. En tant que citoyen libre de périgueux, je suis heureux, encore, que Darcos ait été déboulonné! Maintenant que W. Lesourd fasse la promotion de Darcos, plus rien ne m'étonne!

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 12 février 2010 08:16  

Pour ou contre Darcos, peu importe, ce qui compte c'est Périgueux, et William a bien le droit comme chacun de nous, d'avoir ses préférences.

Et oui Darcos a soigné ses copains et Moyrand le fait encore plus et pas toujours pour le bien de Périgueux!

En attendant, toutes les inaugurations (Place Francheville, la Filature), labels(ville touristique, musée de france) et autres récoltés par Moyrand ne sont que le résultat de ce que Darcos a semé.

Pour en revenir à William et Périblog, à aucun moment je n'ai eu l'impression que William voulait faire de son blog un forum politique orienté.

Je le ressentais plutôt comme un reflet de la vie locale, un peu les "potins de la commère", et qu'on le veuille ou non, le Coderc est encore un peu la place du village...

Et surtout, en France le droit d'expression existe, et n'est pas nécessairement facteur de polémique, mais l'occasion de se retrouver à commenter ci et ça autours d'un verre ou d'un café!

Commentaire de Anonymous D , le 12 février 2010 18:21  

Connaissant bien William, je ne peux que confirmer sa neutralité dans sa conception de Periblog.
Il m'est toujours autant désagréable de constater que les esprits partisans ne voient que "par le petit bout de la lorgnette" c'est à dire leurs idéaux, sans concevoir d'autres alternatives, au point même (sur certains forums et non ici) d'évincer totalement le débat. Le principe même d'un échange d'opinion, c'est d'écouter les autres et d'essayer de comprendre leur point de vue. Cela ne veut pas dire l'accepter bien évidement. Mais c'est ainsi qu'une démocratie avance intelligemment et fait naitre de nouvelles idées. Ce n'est malheureusement pas ce que l'on peut constater actuellement et depuis bien longtemps au sein du débat politique. On a pu encore le voir hier soir (émission "a vous de juger").
Messieurs les politiciens de tout bord, continuez de défendre vos intérêts politiques et personnels avant ceux du pays, sans écouter ce que le peuple vous demande... vous en serez remerciés !
Un petit ajout sur les derniers commentaires, en toute neutralité car je ne vote pas sur Périgueux. Cela ne sert à rien de faire l'autruche en refusant d'admettre qu'un ministre en place aurait apporté plus à Périgueux qu'un autre candidat sans lien avec le gouvernement en place ou que le copinage est autant de mise d'un côté comme de l'autre !

Commentaire de Anonymous NINO , le 15 février 2010 01:10  

Dans un commentaire précédent, « D » a écrit : certains « ne voient que par le petit bout de la lorgnette, c'est-à-dire leurs idéaux ».
Surpris par cette affirmation j’ai revu mon dictionnaire pour avoir confirmation de la bonne définition de ce qu’est « un idéal » : modèle servant de référence en matière de perfection.
Ainsi, avoir le souci de faire au mieux pour s‘approcher d’un objectif de grandeur, de solidarité, d’honneur, serait, selon D, le signe d’une vue étroite et mesquine.
Ainsi, De Gaulle et son idéal de Liberté et de Grandeur pour la France exprimé contre vents et marées depuis Londres : minable !?
Ainsi, Jean Moulin et d’autres militants de la Liberté, torturés à mort pour être restés fidèles à leur idéal : minables !?
Ainsi, l’Abbé Pierre et sa volonté constante de faire reculer la misère et d’accompagner les plus démunis : minable !?
Ainsi, Mandela qui, dès l’adolescence et malgré la prison, les humiliations, conduira jusqu’à la victoire le combat utopique de la liberté en Afrique du Sud : minable !?
Gändhï et son idéal d’indépendance et de paix: minable !?
Jean Jaurès et son idéal de justice sociale : minable !?
Voltaire et son idéal de lumière : minable !?
Zola , Victor Hugo, Louise Michel : tous minables selon "D"!
Et pour faire bonne mesure ajoutons à la liste les militants de tous bords, d’hier et d’aujourd’hui !
Avec une conception aussi étroite et méprisable de l’engagement personnel on comprend mieux comment certains n’hésitent pas à trahir leurs propres convictions sous prétexte que ce candidat-ci a le bras plus long que celui-là.

Commentaire de Anonymous Dominique , le 15 février 2010 11:38  

En réponse à Nino,il me semblait que ce qui était important c'était ce que j'avais écris après et non pas ce petit bout de phase sorti de son contexte. Je n'ai certes pas l'éloquence et la verve de certains, mais réduire volontairement le débat à cette explication de texte ne fait que déformer mes pensées et conforter mes dires.
En ce qui me concerne, le débat est clos.
Nino, je ne t'en veux pas pour autant en espérant que ta dernière phrase est allée au delà de t'es pensées!

Darcos à Périgueux et avec Juppé à Sarlat publié le dimanche 7 février 2010

Samedi, Xavier Darcos, ministre du Travail, était à Périgueux chef lieu de la Dordogne où il fut maire jusqu'en 2008, et aujourd'hui, dans les étroites rues de Sarlat capitale du Périgord Noir, il sera accompagné d'Alain Juppé qui fut maire de Bordeaux presque sans interruption depuis 1995. Pascal Serre, auteur du cancan du Coderc et ami du premier susnommé, en bon journaliste ne les lâchera sans doute pas d'une semelle ; aussi je vous invite à revenir sur Périblog dans un jour ou deux pour y lire la chronique à l'esprit que l'on dit bien calé qu'il nous concocte dans leur sillon.

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Bonne inscription (si vous n'étiez pas déjà inscrit(e)) et bon dimanche à toutes et à tous, W

Artiste de rue sur la voie verte à PérigueuxEn cours d'après-midi, je suis allé marcher le long de la Voie Bleue où, à hauteur d'un club de canoë, des artistes de rue tentaient avec leurs aérosols d'égayer un pan de mur grisâtre. Selon l'ouverture d'esprit, l'endroit ou le type de graphisme, on aime, on supporte ou on réprouve.

À ne pas confondre avec les tags : ces signatures qui enlaidissent notre environnement et le rendent étrangement hostile, faites par des gamins désœuvrés en mal de reconnaissance et d'identité.Art de la rue à Périgueux

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Commentaire de Anonymous josie , le 8 février 2010 22:41  

Tiens un endroit où je me rends très souvent....
je me dois d'y aller faire un tour ! Je ne sais pas si ce sont les mêmes artistes que ceux que j'avais rencontré l'année dernière " Graffity art déco " !
Sur mon blog un billet...... tu l'as peut-être vu ?
A bientôt William !

Commentaire de Blogger Periblog , le 9 février 2010 22:58  

Oui Josie, je les ai vues l'autre jour. Elles sont bien saturées.
À+

La conspiration de la rôtissoire publié le lundi 1 février 2010

Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre


En ce samedi 30 janvier, quand j’ai regardé au travers de ma fenêtre l’horizon qui confondait ciel et terre, un gris sans attrait je me suis dit que nous étions bel et bien en hiver. Mais, les démons de la tradition n’avaient point atteint ma détermination à faire mon pèlerinage mondain aux accents plébéiens sur les places de marchés et plus particulièrement sur celle du Coderc.

Comme toujours, c’est l’impréparation qui prévaut ; la surprise des rencontres restant la principale règle ; les commérages et autres caquetages s’avérant la sève de ces impromptus qui n’ont rien d’impropres ou de discourtois ; notre attachement à nos sujets et objets de curiosité se réduisant à cet agora délimité par l’amitié née des lieux et du temps.

Les cinq mousquetaires sans épée


Point de conspiration en amont. Officiellement. L’aval n’étant qu’en devenir. Officieusement. L’aventure débute toujours au coin ou à la croisée de rues comme celle du Coderc et des Chaînes. C’est ici que la rôtissoire de Christian Dupuy, en cette saison constitue un attrait supplémentaire pour badiner et jouer au badaud. Il y a la bonne odeur des poulets que le maître des lieux arrose entre deux poignées de mains. Et il y fait chaud.

C’est aussi que l'on se trouve chez l’adjoint au maire de Périgueux chargé du commerce. La blouse rouge endossée il sait faire le tour des popotes, prend avis et ne s’oppose jamais. Il connaît trop son petit monde pour savoir qu’ici on rivalise tant autour d’un bon plat que sur le sexe des anges et que gauche et droite préfèrent la « vieille fine » aux grotesques invectives.

Il est dix heures. Un bout de soleil perce au dessus de la halle et voici Christian — l’autre, l’ancien de la « Préfectorale » — toujours fidèle avec son journal sous le bras et son chapeau bien vissé qui nous rejoint. Salutations chaleureuses et les échanges s’engagent entre deux « Christian » : « Je vais saluer ton père qui pèle toujours les pommes de terre, tu n’as pas honte ! » Faut dire que les deux hommes ont tant de souvenirs en commun.

Revenant sur le trottoir, près de la fameuse rôtissoire, c’est Alain et Bernard, ce dernier ayant été employé de ce que l’on appelle « La Ville » retraité depuis une douzaine d’années, qui nous rejoignent. Bernard est du quartier du canal. Jean-Paul arrive dans la foulée nous disant qu’il a eu René au téléphone, qu’il est fatigué et ne viendra pas.

Nous voici prêts. Cinq mousquetaires sans épée autour de cette rôtissoire à comploter notre petit bonheur du samedi matin. Une vraie conspiration.

Le « Petit Chef » de la Libération à nos jours


« Bien, dis-je, que faisons-nous ? On prend un café ou des huîtres ? Et si on allait au « Petit Chef », Florence est sympathique ? » Accord sur toute la ligne. Nous y sommes en quinze pas maximum. Le petit groupe a décidé la formule « huîtres ». Pendant que Christian, Alain et Bernard vont prendre place à l’intérieur, je vais quérir les divins ostréidés chez Jeanine et Jean-Paul une baguette de campagne chez Pichard.

Pour les non-initiés à la vie locale, «Le « Petit Chef » est une vénérable institution. On la trouve rue du Coderc. Petite artère qui fait face à la halle et relie la rue des Chaîne à la place de la mairie.

La commande passée je rejoins le petit groupe. Déjà, Christian nous livre quelque secrets sur le lieu : « C’était en 1945, raconte-t-il, une certaine madame Faye qui avait ouvert l'endroit en le baptisant « Le restaurant des Halles ». J’ai connu. C’était le point de ralliement des régatiers, bouchers et de quelques maquignons qui donnaient du pittoresque au lieu. Les repas ne s’achevaient jamais sans quelques eaux de vie renouvelées autant de fois qu’il y avait de convives… Mais, ce sont surtout Marcel Jolivet et son épouse l'ayant racheté en 1955 qui ont lancé véritablement une excellente et réputée table. Ils ont arrêté en 1978 et Marcel nous a quitté en décembre 1997… »

Aujourd’hui, c’est Florence Chaminade qui a pris la suite de Marie-Christine Mignot laquelle l’avait acquise à un certain Pierre Charlier qui tint dix ans. « En attendant les huîtres, coupe Alain, on commande une bouteille de muscadet ? » Tous les bras se lèvent en signe d’approbation.

Voici que la porte s'ouvre avec énergie. C’est Yves Beaugier, le célèbre boucher bio dont la « côte de bœuf » est qualifiée de « don du ciel » qui entre avec cinq ou six locataires de la Halle : « Et il y a même la presse ! » On se salue sans qualificatif si ce n’est de respirer le temps qui s’écoule. « Savez-vous qu’il neige dehors ? » interpelle Michel Audebert un autre boucher qui connaît tout aussi bien son affaire.
Bernard qui est le plus proche de la porte se lève et s’écrit : « Ah oui et pas qu’un peu ! » Alain assure « vous le savez bien, à Périgueux ça ne dure jamais très longtemps. » Rien n’entame notre appétit de « cancanages ».

Béatrice et Bernard entre valse et tango


Première salve : les relations entre le Président du Conseil général et Madame le Préfet. Christian prend la parole : « Moi, je suis entré sous Maxime Roux (1) et j’ai achevé sous Jacques Gasnier (2). J’ai connu 14 préfets. C’est la première femme que nous avons. Je dois vous dire que les relations entre la préfecture et le Conseil général n’ont jamais été faciles, surtout depuis 1958.
Yves Guéna lors de l'inauguration de l'esplanade Badinter en 2009
Yves Guéna lors de l'inauguration de l'esplanade Robert Badinter en 2009
Jean Taulelle (3) fut un grand préfet, très proche d’Yves Guéna (4) et les relations avec Robert Lacoste (5) n’étaient pas toujours tendres. Quand il y a eu la décentralisation en 1982, le préfet était Raymond Jaffrezou (6) et le président du Conseil général le tout jeune Bernard Bioulac (7). Ce fut extrêmement tendu et difficile pour nous cette répartition des pouvoirs.
Alors quand je vois cette jeune femme — pour moi elle est très jeune — qui s’exprime avec autant de détermination il est naturel que ceux qui se sentent mis en cause réagissent. »


Jean-Paul, notre ancien artisan du quartier Saint Martin : « Oui, mais c’est bien vrai que nos impôts sont dépensés n’importe comment ; que les élus font ce qu’ils veulent et servent leurs copains en premier. On le sait tous. » Les bouchers qui finissent leur café et ont entendu se retournent : « Ah c’est sûr. Si on faisait comme eux il y a longtemps qu’on aurait mis la clef sous la porte. »

Sentant que la discussion va s’élargir, je fais le service du « muscadet » et fait l’annonce traditionnelle « allez, mangez vos huîtres ! » permettant d’apaiser les esprits. « Ça vous va une petite douzaine de fines de claires chacun ? » je lance tout en essayant de me retrouver dans mes notes.

Mais Christian reprend : « J’en ai vu durant ma carrière. Je ne peux pas tout dire, ça servirait à rien. Que ce soit d’un côté ou de l’autre les pratiques étaient les mêmes. C’est bien pour ça que ce duel entre la préfète, je ne me rappelle pas le nom (8) et Bernard Cazeau (9) c’est bien. Les deux me paraissent intelligents. Vous le savez bien que ce qui nous plaît ici ce sont les duels quand ils s’achèvent autour d’une bonne table ! On est au pays de Montaigne et de La Mazille (10) que diable. »

Avalant son huître de travers, Jean-Paul rajoute en suffoquant : « Et après ils dansent quoi ? Une valse ou un tango ? » Et toute la tablée d’éclater de rire.

Jacques Merly, l’homme du Rallye du Périgord


Alain qui a déjà avalé huîtres et muscadet nous rappelle la disparition de Jacques Merly : « Presque personne en a parlé. Ancien maire-adjoint de Périgueux du temps de Guéna, Président de l’Office de Tourisme et grand photographe devant l’éternel il fut le créateur du Rallye du Périgord qui marqua les années soixante et soixante-dix. Médecin accoucheur il paraît qu’il a donné naissance à 1 900 bébés. » Bernard qui travailla à la mairie s’en rappelle : « Je ne savais pas qu’il était décédé. Il a bien aidé Guéna dès 1971. Combien de fois on a travaillé pour l’organisation du Rallye en juin de chaque année. Il y avait plus de mille personnes qui s’inscrivaient. C’était une belle époque. On savait s’amuser. On ne parlait plus de lui depuis des années… » Quelques secondes de silence, le temps d’avaler un verre ou de manger une huître en se disant qu’on est bien peu de chose.

On ne croit plus personne


« Pour parler d’autre chose, continue Bernard, j’ai lu dans le journal les problèmes des commerçants de Périgueux. La Redoute, Pier Import qui ferment. Marbot qui se fait des cheveux blancs, des boutiques à vendre il y en a dans presque chaque grande rue. Je ne veux pas faire de politique mais c’est inquiétant. »

Pier Import à Périgueux qui ferme définitivement ses portesEt Alain qui a connu la vie commerçante de Périgueux de confirmer : « oui, il y a un malaise. Je rajoute aussi le projet qui a fait des gorges chaudes cette semaine à la sortie de Périgueux en allant sur Bergerac, au Pont-du-Cerf, 35 000 m2 de surfaces commerciales ! Les élus disent que c’est une fausse information mais comment les croire. C’est l’opposant à la mairie de Périgueux, Jean-Paul Mingasson qui a sorti ça. C’est un gars qui est haut fonctionnaire il va pas dire n’importe quoi aussi. Quoique… à qui faire confiance ? »
Bernard : « Je vais vous dire, j’ai lu et relu les journaux, j’ai rien compris sauf que, pour reprendre Anne Roumanoff, je crois que l’on ne nous dit pas tout. »

« Moi, interrompt Jean-paul, j’ai lu que c’était un pétard mouillé. Mais bon que voulez-vous que l’on dise quand on voit ce qui se passe. On croit plus rien et plus personne. Je sais pas si j’irai voter aux prochaines élections, d’ailleurs c’est quoi comme élection ? » Et Christian interloqué : « Enfin, Paulo, tu me déçois ce sont les élections régionales et elles sont les 14 et 21 mars. Tu dois voter, quand même. »

Je regarde l’heure. Il est déjà midi. Je me retourne, il ne neige plus et c’est juste mouillé. Les premiers clients entrent d’ailleurs pour rappeler que l’horloge tourne même place du Coderc. On demande l’addition. Je rapporte le plateau avec les coquilles vides à Jeanine. On se retrouve devant la rôtissoire de Christian, toujours présent avec ses clientes. « Alors, les gars vous avez refait le monde ? » nous dit-il avec son sourire charmeur et sincère. Périgourdin quoi !

Et nous de répondre : « Oh que non car autrement on aurait plus rien à se dire, à cancaner ! »
Auteur : Pascal SERRE

(1) Maxime Roux est né en 1906, mort en 1976. Inspecteur d'académie en Dordogne révoqué par l'État de Vichy il est nommé préfet du maquis en juin 1944. Il s’installe à la préfecture le 20 août 1944 jusqu’en avril 1946. Ensuite, Il assurera différents postes de préfet puis dans des ministères jusqu’à sa retraite en1971.
(2) Jacques Gasnier est né en 1933 et décédé en 1989. Il sera préfet de la Dordogne de 1984 à 1987 avant de devenir trésorier payeur général de la Haute-Loire
(3) Jean Taulelle (1914-1999). Formation de droit interrompue par la guerre (39-45) a occupé de nombreux postes dans l’administration préfectorale avant d’être installé en janvier 1962 préfet de la Dordogne qu’il quittera en décembre 1967. Retraité en 1977 il devient conseiller d'état et candidat gaulliste sur Bergerac en 1981.
(4) Yves Guén né en 1922, plusieurs fois ministre, membre du Conseil constitutionnel (1997-2004) dont il fut président (1999-2004) ; maire de Périgueux (1971-1998), député (1962- 1981) puis (1986-1988) ; conseiller général de Périgueux de 1970 à 1989.
(5) Robert Lacoste (1898-1989) ancien président du Conseil général
(6) Raymond Jaffrezou, né en 1928, préfet de la Dordogne (1980-1983). Retraité en 1990 il rejoint la Cour des comptes.
(7) Bernard Bioulac, né en 1941, professeur agrégé de médecine à Bordeaux I, président du Conseil général (1982-1992) ; député de la Dordogne (1988-1993).
(8) Béatrice Abollivier née en 1954 promotion « René Char » de l’ENA, nommée préfète de la Dordogne en novembre 2008
(9) Bernard Cazeau né en 1939, médecin à Ribérac (1968-1994) ; maire de Ribérac (1971- 1998) ; conseiller général depuis 1976 ; président du Conseil général depuis 1994 ; sénateur de la Dordogne depuis 1998.
(10) La Mazille, pseudonyme d’Andrée Maze qui publia en 1929 « La bonne cuisine du Périgord ». Ouvrage célèbre.


Pascal SERRE
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Commentaire de Anonymous Chantal , le 1 février 2010 18:24  

Merci Mr Serre pour ces gentils potins.
J'aime prendre plaisir à vous lire.

Commentaire de Anonymous J.C. Bonnal , le 4 février 2010 17:20  

Tout disparaît à Périgueux et cela depuis des années... il y en à marre! J.C. Bonnal

(N.d.l.r. en référence à la fermeture de Pier Import je suppose.

J.C. Bonnal est un amoureux du Périgord et de son histoire.
Voir son blog ici : http://mondomicile.centerblog.net/)

Commentaire de Blogger Brigitte , le 6 février 2010 10:21  

Merci pour ces mots .... quelques soit le sujet , ils sont ordonnés comme des partitions musicales ......et j'adore la bonne musique....
Toute ma sympathie vous est acquise , comme celle de William d'ailleurs .....

Brigitte

Tu allais à la messe ? publié le mardi 26 janvier 2010

Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre


En ce samedi de milieu de mois de janvier c’est une belle matinée d’hiver qui s’offre à nous. A la Périgourdine : sèche, une note de soleil entre deux grosses masses de nuages gris sympathiques. Les terrasses des bars et autres lieux de « delicatessen » de notre place préférée — les autres sont toutes aussi charmantes — sont bien chargés.

« Alors, demande Alain, on fait une dégustation d’huîtres où autre chose ? » De l’avis général on vote pour la nouveauté : aller chez « Fée maison ». « On s’était promis d’y aller » je souffle dans l’oreille de mon ami Christian.

Terrasses dédiées avant tout aux fumeurs, mais aussi quelques touristes que l’on repère très vite à leur façon particulière de paraître surpris de ce qui nous est habituel. Ils ne posent pas les yeux de la même manière sur les tomates ou les cabas de nos messieurs qui accompagnent leur dame. Et puis il y a ces journaux dépliés aux noms inconnus et qui fleurent bons le nord de l’Europe.

La façade de la Fée Maison sur la place du Coderc à Périgueux
La Fée Maison sur la place du Coderc à Périgueux. On entrevoit la rue de la Sagesse à gauche
Nous voici devant la façade de « Fée Maison », chez Marie. Mais à l’intérieur pour l’intimité toute relative il est vrai car il y avait du monde. Ce n’est pas encore une institution mais tout est fait pour que celle-ci le devienne. Ce n’est pas la même clientèle que chez nos autres compères mais il faut savoir changer.

Marie est une personnalité. Toute petite mais des yeux magiques et un sourire incomparable. Jean-Paul, notre ancien artisan de serrurerie-plomberie et chauffage, toujours au fait de la vie locale l’a connue quand elle tenait « le Lutétia » place des jets d’eau comme disent les vrais Périgordins, là où il y avait le théâtre jusqu’à la fin des années cinquante : « je prenais quelquefois un café ou un demi. C’est bien ce qu’elle a fait. C’est différent de notre « Coderc » ou de notre « Truffe » faut bien s’ouvrir au… monde »

C’est vrai qu’à Périgueux le monde s’ouvre au coin de la rue. C’est une spécificité des villes de province qui ont un charme indéfinissable et des secrets bien conservés.

Et la discussion est lancée quand on découvre le serveur, Jean-Luc Peteytas : « Tu es là toi ! » s’enquérit Alain qui a bien connu la vie commerçante et les familles Périgourdines de l’après-guerre à la fin des années soixante-dix. — C’est que la famille « Peteytas » est familière de Périgueux et engagée dans la vie du diocèse — « je croyais que tu étais toujours au Café de Paris avec ton frère. »

« J’ai connu, commente Christian, notre fonctionnaire de la préfecture, Jean-Claude, son père aujourd’hui diacre. C’était à l’église Saint-Georges où, déjà, il participait à la vie de la paroisse au début des années soixante. » Je confirme sans confession.

« Tu allais à la messe toi ? » tranche René, notre communiste. « Et oui, répond Christian, pour faire plaisir à ma défunte femme. »

Pendant ce temps, notre serveur, pris par son travail, avec beaucoup de gentillesse nous laisse à nos souvenirs. C’est que la salle est pleine et nous trouvons peu de visages connus mais peu importe. Nous avons notre café avec son chocolat et on peut continuer à se remémorer le bon temps.

Guy Penaud, historien périgordinGuy Penaud, historien périgordin
René : « Quand je pense que ses deux fils, Jean-luc et Stéphane sont « barman » c’est un autre monde quand même. Tous les deux travaillaient au Café de Paris. » Nous l’écoutons avec intérêt, en découvrant l’arôme de notre café bien chaud à souhait : « Selon notre historien local Guy Penaud le Café de Paris aurait été ouvert à la fin des années 1880. C’était un théâtre avec des concerts. Il y avait un jardin d’été et une grande salle d'hiver. Je me rappelle y être allé danser jusque dans les années soixante. On y faisait aussi les meetings politiques. Et c’était chaud, il y avait de la contradiction à l’époque. » Stéphane dit « Mafio » est toujours au Golden Ice Café ou, si vous préférez au « Café de Paris ». Jean-Luc a suivi Marie quand elle a ouvert. « Vous croyez, poursuit Jean-Paul, qu’un historien parlera de nous ? » Rire général des cinq compères.

« J’avais entendu parler de tout cela mais saviez-vous que Jean-Claude — le père de Jean-Luc et Stéphane - est même l’aumônier des forains et des artisans de la fête ? » reprend Christian.

Et chacun, en chœur de dire : « Et bien ce qui est commun à tout ça c’est la fête ! » Une petite gorgée de café et René prend la parole : « Moi, je vais vous dire, je suis un mécréant mais notre évêque (2) il fait du bon boulot » Et de continuer : « Vous avez vu comme il a pris la parole pour défendre les gars de chez Marbot (1). J’ai lu dans le journal qu’il était allé voir les prisonniers et, ce qui ne gâte rien c'est un fan de rugby. Pas côté gradin, il a souvent usé ses crampons du côté de Castres dans le Tarn. Il paraît qu’il est d’une simplicité qui marque, de mon point de vue et avec mon âge les gens intelligents. On est loin de l’époque où il fallait baiser l’anneau de l'évêque en s’agenouillant. Je me rappelle de l’arrivée de Jacques Patria (3), ce devait être en 1965, il y avait encore le Garde suisse et on ne badinait pas avec l'Église. C’est tout juste s'il n’y avait pas la chaise à porteurs. C’était encore l’époque de l'alliance du « sabre et du goupillon ». Autant vous dire que je n’y étais pas. »

Alain : « J’ai un ami qui m’a dit qu’il allait être admis à la confrérie du Pâté de Périgueux et qu’il savait bien manier la fourchette et apprécier les bons vins. »

Le café est achevé mais la conversation se prolonge. Cela faisait deux semaines que l’on ne s’était pas retrouvé et il manque du monde à l’appel. Tant pis. On demande à Jean-Luc un nouveau café pour la route. Jean-Paul reprend : « C’est quand même une ville extraordinaire où nous vivons. Je croisais tout à l’heure, devant la mairie, le responsable des musulmans de Périgueux. Je n’ai pas pensé un seul instant à ces histoires de minarets. Il était entouré de ses clients et clientes car il vend des fleurs. Ce n’est pas beau tout ça ? » Et René de conclure en demandant l’addition : « Vous voyez les copains, le débat sur l’identité on vient de le faire et on a pas fait l’ENA ! »
Auteur : Pascal SERRE
(1) Marbot est une usine de chaussures située à Neuvic-sur-l’Isle qui fut un fleuron de l’économie locale avec près de 2 000 personnes et qui vient de licencier ses 72 derniers salariés.
(2) Michel Mouïsse
(3) Jacques Patria né en 1915 fut évêque de Périgueux et Sarlat de 1965 à 1988. Il est décédé en 1999.


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Commentaire de Anonymous Anonyme , le 6 février 2010 21:59  

TRES BONNE CHRONIQUE DE PASCAL ET TELLEMENT VRAI

Du Coderc à Haïti publié le lundi 18 janvier 2010

Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre


Ce petit matin du samedi 16 janvier était délicieux. Tout d’abord, ce temps gris succédant à une brume hivernale, cette petite pluie crachotante, fine, doucereuse parfois qui vient titiller nos beaux vêtements encore tout apprêtés pour les fêtes de noël, le vent qui tacle les joues et les rosit. Le tout sans excès. Et puis, tout le rituel des lieux a repris ses marques. Le Coderc reste le Coderc. De l’entrée de la rue Saint-Silain au « Bar » il faut bien une demie heure…

« Deux semaines sans se voir c’est long quand même… » lance René venu à pied du Toulon et qui se frotte les mains. Jean-Paul, notre artisan de Saint-Georges « allez on rentre au Coderc et on prend un café pour commencer. » On attend Christian, notre fonctionnaire de service qui longe l’ancienne poissonnerie moderne devenue « Fée maison » qu’il nous faudra — à notre façon — inaugurer. Surtout que Marie est une adorable petite femme bigrement active et professionnelle. Christian arpente avec un gros cache-col, saluant au passage en soulevant son chapeau, les uns et les autres franchissant ainsi les derniers mètres qui nous séparent de lui un peu comme un cycliste à une arrivé d’étape.

On entre dans le bar toujours archicomble et on arrive à occuper une table, la seconde étape étant de trouver les chaises pour chacun autour de nous.

« Quatre cafés s’il vous plaît chef ! » clame René qui pousuit : « Quand on s’imagine au séisme neigeux de la semaine passée qui nous a été imposé on est un peu sans voix. » « Alors, les gars, dis-je, avez-vous vu en Haïti ? C’est autre chose ! » Et en chœur, les trois autres : « Ah ça c’est sûr ! ».

Je sors de ma poche des photos reçues d’Haïti dans la nuit par internet avec quelques commentaires. Sur cette même place du Coderc, en 2005, à l’occasion du Congrès de l’Union des Clubs de la Presse Francophone, le Président du club d’Haïti était venu avec une jeune journaliste du pays, Nicole Siméon . L’année suivante, elle revenait en stage à Sud-Ouest. Maurice Melliet, artiste, poète humaniste bien connu dans Périgueux, s’était rendu aussi en Haïti en mission humanitaire.

Les régatiers se rappellent encore de ses passages truculents et joyeux de Nicole et elle avait même accouché d’une petite fille – Sarah – en juillet dernier à Paris. Elles étaient venues se reposer à Chancelade. Et le papa, journaliste coopérant Français en Guinée les avait rejointes. Nous devions leur rendre visite en Haïti cette année ou l’an prochain. »

Inutile de dire l’angoisse à partir de jeudi et le temps passé à essayer d’avoir des nouvelles. Nicole avec sa petite fille Sarah ont été extraites dans les premières heures pratiquement indemnes. Après 36 heures sous les décombres, Roxanne, Mwinda (entre 7 et 12 ans) et Rose, la nounou ont été sortis par la protection civile française. Une chance inouïe. Seul Internet a permis les contacts. Aucun réseau téléphonique. Voici les commentaires de Nicole : « Il s'agit de l'amas de béton et de fer qu'est devenue la maison de Flore qui travaille à l’ambassade de France à Port-au-Prince et des filles; le dégagement des filles et de Rose, leur nounou, après près de deux heures de travaux par les pompiers français et une photo souvenir de tout ce beau monde, sale, fatigué, puant la pisse de clochards, mais nous tous heureux, tellement heureux de ce dénouement miraculeux. Merci aux uns et aux autres pour votre soutien. On a perdu beaucoup d’amis et de connaissances. Nos maisons sont en ruines, quand elles ne se sont pas carrément effondrées. On dort à la belle étoile depuis trois nuits (il n’y a que les enfants qui s’en amusent) de peur que ce qui est encore debout ne s’effondre sous les petites secousses qu’on continue à avoir. Il y a une vraie solidarité entre nos voisins. Haïti est sur les genoux. On approche les 100 000 morts et trois millions de sans abris, peut-être 300 000 blessés, on ne sait plus... Les aides tardent à arriver à la population. On commence à craindre les pénuries en eau potable et en produits de première nécessité, on a sérieusement besoin de l’aide extérieure… on craint des épidémies pour les semaines à venir.
Merci de vos prières pour ceux qui y croient : pourvu qu’on n’ait pas de réplique…
Alors là, personne ne pourra survivre... » (samedi 15 janvier 04h 42)

Maurice Melliet et Alain Bernard
Maurice Melliet l'humaniste et Alain Bernard le journaliste au canotier lors d'une fête donnée au Théâtre en son honneur
Découvrant les photos, les potes sont médusés. « Mais on ne savait pas que Périgueux avait des liens avec ce pays si éloigné et si pauvre… » reprend Christian alors qu’à l’extérieur une poignée de bonbons vole en l’air, et qu’une voix de stentor réchauffe le banc d’huitres de Jeanine qui lui en ouvre une que le journaliste au canotier dévore sans partage. « Je peux en avoir une autre ? Tu es merveilleuse, divine ! » Et hop notre « localier » disparaît. La vie reprend ses droits.

« Mais, dis-nous, tu ne penses pas allez là-bas pour les aider ? » interroge Jean-Paul. Et de reprendre la parole : « Si, mais c’est très difficile. N’oublions pas que le Directeur de Cabinet du Ministre de la Coopération est Périgordin : Jérôme Peyrat. Qu’un autre Périgordin est secrétaire-général adjoint de l’Elysée, Christian Frémont. Ça peut aider mais il faut que l’aide proposée corresponde à un besoin. En matière de presse presque tout est à reconstruire. » Le patron du bar qui a écouté distraitement : « L’argent c’est bien mais faut aussi des gros bras pour faire le travail. Je vous sers autre chose ? » René insiste « quatre cafés et c’est pour moi ! »

Il est midi trente. Un peu sous le coup de ces événements d’Haïti on a oublié tout le reste. Mais, juré, craché, ne croyez pas que les petites histoires locales se sont arrêtées pour autant. À la semaine prochaine.

Auteur : Pascal SERRE
Les rescapés devant les pompiers de la sécurité civile de Marseille avant qu'ils aillent aussitôt délivrer d'autres victimes du séisme
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Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 18 janvier 2010 09:56  

Si cette catastrophe pouvait remettre à leurs justes valeurs, nos bobos, nos perpetuelles contestations...

Commentaire de Anonymous chantal , le 18 janvier 2010 18:47  

L'homme est tellement individualiste qu'il faut une catastrophe pour qu'il y ait de l'entraide.

Le tour de Périgueux en quatre-vingt minutes publié le lundi 11 janvier 2010

Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre


Nous voici déjà samedi 9 janvier. Le grand sujet c’est la neige. Dès neuf heures, les uns, les autres, on se téléphone : « Alors c’est comment chez toi ce matin ? ». De Boulazac à Chancelade, de Saint-Georges à Vésone même son de cloche : « On ne sort pas. La rue est impraticable. » On a l’impression d’être en Sibérie. Le Périgourdin est parfois un ours mais pas polaire.

On ne peut même pas invoquer le vin chaud au parfum de cannelle et le journal qui fait défaut. Un des nôtres reçoit son journal à domicile et me donne ses grandes nouvelles. Mais nous convenons que ça ne vaut pas notre « tour de Périgueux en quatre-vingt minutes » pas une de nos discussions de comptoirs. Pourtant, petit pincement au cœur, il va manquer quelque chose cette semaine.

Le pire c’est le pain ! Chacun se demande comment il va aller chercher « son pain ». Ce qui amène, au téléphone, René, l’ancien cheminot, à évoquer le départ de Hélène Robert, la boulangère de la rue Saint-Front : « Fort heureusement c’est un « Ch'ti » qui prend la relève. Avec la neige il sera pas dépaysé. » Et mon bon ami de me dire « Il paraît que les vœux entre Cazeau (1) et la préfète (2) comme on dit maintenant étaient plutôt placés sous le signe de la « scène de ménage ». Sacha Guitry se serait régalé et aurait pu être inspiré par quelques citations telles que « Le célibat ? On s’ennuie. Le mariage ? On a des ennuis. » Soyons sérieux, le premier s’est vertement étonné de la rapidité avec laquelle on avait « sauvé les banques » et « le temps pris pour résoudre le chômage. » La seconde, plus arrondie, souple et doucereuse : « Je fais un rêve que dans les mois à venir l'énergie des Périgourdins soit mise à profit, canalisée et concentrée vers une vision commune pour ce territoire. » Mais c’est aussi une main de fer dans un gant de… satin. » Que puis-je rajouter quand les huîtres et le Bergerac de La Jaubertie ne sont pas là ? Nous nous quittons sur ces bonnes paroles en espérant nous retrouver samedi prochain, comme d’habitude.

Je me décide à appeler un autre de nos bons amis lequel, comme tous, est bien au chaud chez lui. Après les salutations d'usage, il entame son sujet favori, la mairie et ce qu’il qualifie de « bouffonneries » : « Tu as vu, encore une fois, nos histoires picrocholines locales me désolent. Entre Michel Moyrand, le maire, et son opposant Philippe Cornet c’est « bonjour tristesse. » Le second n’aurait pas été invité aux vœux du personnel par le premier. Et mon interlocuteur de lancer : « les chômeurs, les SDF et autres s’en battent les flancs jusqu’au moment où ils leur donneront un bon coup de pied dans les fesses comme en 1789. Non mais c’est quoi ça ! On ne les a pas élus pour ça ! » Et de rajouter : « Ils sont pas bêtes à ce point. Je connais l’un et l’autre. Je penche pour un coup des médias qui en profitent pour faire monter la mayonnaise et vendre leur savonnette ! »

Je raccroche mon téléphone et appelle un autre compère, Jean-Paul qui habite « la Commune libre de Saint-Georges. » (3)

J’avais pas décroché que j’entends : « Ah c’est toi. Moi, je ne mets pas le nez dehors. Je suis juste surtout pour aller chercher la « DL » et mon pain. » Et de renchérir : « Quel temps pour les soldes et « Cœur piéton. » Il faut appeler Monseigneur Mouisse (4) pour exorciser cette affaire. Un samedi il pleut, un autre il neige comme jamais et pourtant une ville sans voiture ça devrait être un régal. Sauf à Périgueux… Et je te parle pas du match de dimanche entre le Trélissac Football Club et l’Olympique de Marseille ça c’est bon pour nous. Les Marseillais sous la neige ! C’est comme des phoques au Sahara ! (5) »

Bien sûr, toute la petite équipe s’inquiète de savoir qui est allé place du Coderc, si tel ou tel régatier est venu, si il y a eu des clients. On pense aux uns et aux autres. Une sorte de solidarité de la banquise du « Coderc ». L’un d’entre nous, Christian, notre révérée mémoire du Conseil général, courageux comme Roland à Roncevaux (précisons qu’il habite en centre ville) est allé fureter dans la vieille ville.

C’est lui qui m’appelle : « alors je ne t’ai pas vu ? » J’ai balbutié que « le grand baptême de la neige m’avait amené à « surfer » sur internet.» Et Christian de répondre : « on t’a servi un café avec ton intertruc ? »

Il prétend qu’il y avait peu d’animation, mais que la bonne humeur était au rendez-vous : « La municipalité avait fait le nécessaire et on pouvait circuler sans problème. Faut arrêter de râler pour un oui ou pour un rien. » Et de me poursuivre son rapport presque des renseignements généraux : « Il y avait le démarrage des « soldes » qui a profité aux résidents du centre ville. En plus il faisait meilleur dans les magasins que dehors même si beaucoup avaient tiré leur rideau je peux comprendre mais, quand même, les gars on n’est pas en Terre Adélie.

Michel TestutMichel Testut, écrivain périgordin
Tiens tu relis « les petits matins » de Michel Testut, l’auteur connu que je relisais et qui a écris : « Il faut dire que chez nous, la neige tient du miracle. (…) Elle prend chaque fois des proportions de cataclysme imparable, mais comme pour rire. » (6)

« J’ai pris par contre deux cafés tout seul à la « Truffe » car je n’avais pas chaud. C’était plein et je suis resté debout, dans un coin. Je n’ai même pas pu déplier mon « Sud-Ouest ». « Et comme j’ai eu ma place pour le match de dimanche je prépare les pulls, manteaux, cache-cols et gants. Je vous raconte tout ça samedi… si tout va bien. »

Et fichtre, déjà midi ! Presque quatre-vingt minutes au téléphone. Si je ne suis pas Jules Verne, Périgueux c’est bien le « tour du monde mais en quatre-vingt… minutes. » Mais, comme dit ma copine Anne Roumanoff : « on ne nous dit pas tout ». Surtout quand on va pas place du… Coderc.

Décidément, la semaine va être longue avant nos retrouvailles…

(1) Bernard Cazeau, Président du Conseil général et Sénateur
(2) Béatrice Abovilliers, Préfète de la Dordogne
(3) Chaque année, depuis la fin du XIXème siècle, à l’occasion des traditionnelles fêtes, en mai, c’est l’élection d’un maire de la « Commune Libre de Saint-Georges »
(4) Monseigneur Michel Mouisse, évêque de Périgueux et Sarlat
(5) Trélissac 0 face au mastodonte de l’Olympique de Marseille 2
(6) Petits matins en Périgord et ailleurs, Michel Testut, La Lauze.


PASCAL SERRE
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Commentaire de Anonymous Anonyme , le 11 janvier 2010 17:11  

Bonjour,
J'apprécie vos commentaires tout à fait réalistes et croustillants.

Je voudrais attirer l'attention sur des sdf qui dorment dehors, car les structures locales les refoullent.

Je ne suis pas fière de ma ville.

Je tiens a souligner l'absence de sallage durant les périodes neigeuses, bravo la commune !!!

A quoi servent nos impots ????
cordialement
marie

Commentaire de Anonymous Chantal , le 11 janvier 2010 17:27  

Bonsoir,

merci pour ce très beau commentaire.
C'est sur que de la neige en Périgord qui tient, tient de l'inédit.
Mais n'oublions pas que nous sommes en hiver et le Périgord sous la neige est magnifique.

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 11 janvier 2010 20:23  

je viens juste à l'instant de découvrir votre blog! je cherchais des images de St Front sous la neige, pour afficher dans une de mes pages!! Apparemment,il n'y en a pas! Je regrette! Vous êtes très jeune! En ce qui me concerne ,je suis une mamie, passionnée depuis 3ans ,seulement, par la toile! Elle a été souvent mon refuge! J'ai, d'ailleurs nommé une de mes pages: la fouineuse du net zizou!Je vous promets de venir de temps à autres lire vos articles! Amicalement zizou

Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 13 janvier 2010 08:49  

Bel et interessant article !
Nous venons de Haute-Savoie ; nous avions de la neige pendant plusieurs mois. Le facteur empruntait à pieds le chemin qui grimpait de la départementale pour ariver chez nous et qui n'était pas dénéigé ! Nous allions à l'école tous les jours, le monde ne s'est jamais arrété de tourner !!
J'aime cette nature bougonne qui nous rappelle que c'est à l'humain de s'adapter et qu'elle n'en fait qu'à sa tête ...
J'aime cette nature indépendante et ses pieds de nez aux technocrates ....

Vous avez pas l’air d’avoir la frite les gars ! publié le lundi 4 janvier 2010

Le cancan du Coderc avec Pascal Serre


Il est un peu moins de treize heures ce samedi 2 janvier. Ce n’est pas vraiment l’heure pour découvrir le spectacle du marché. On a plutôt l’impression que les artistes sont partis que les derniers employés du cirque débarrassent et que les derniers véhicules s’en vont vers une destination toujours mystérieuse. C’est la valse presque viennoise des balayeuses de la ville.

Le soleil est magnifique mais le froid dur, sec. Un temps de saison comme on dit en Périgord. Ce n’est pas la grande forme. Alain Pichard, « Le Roi de la Galette des Rois », chapeau vissé sur la tête, les mains dans les poches n’entre même pas prendre un café au Coderc. Pour lui, l’année sera tristounette : « Vous ne croyez pas que ça va changer à Périgueux. Au contraire. Je le vois bien. Même le salon du Livre Gourmand doit foutre le camp… Et moi je voudrais en faire autant »

Tout proche le rôtisseur Dupuy a fermé sa boutique et l’odeur des volailles s’est depuis longtemps dispersée. La terrasse de La Truffe est telle le désert en plein midi. A l’intérieur c’est bourré comme une de ces maisons gonflées pleines à craquer dans nos bons vieux dessins animés. « Michel Moyrand devrait être content enclenche mon ami l’expert en livres anciens, il n’y a pas une voiture sur la place, c’est la réussite de « Cœur piéton ». Notre localier de l’étape, Alain Bernard n’est pas de la partie. Il est à Londres. Un avocat roumain, habitué de Périgueux nous salue et nous dit qu’il va déjeuner dans « son auberge préférée » : le Grain de Sel. Nous l’alertons d'une éventuelle fermeture… Ici, c’est pas Paris. Deux parisiens nous hèlent car ils ne trouvent pas de lieu pour déjeuner. Brusquement nous voici en panne de cordes vocales. Notre petite marchande d’huîtres a chargé son camion. Elle nous fait la bise et dit : « vous arrivez trop tard les garçons et puis il y avait personne. »

Nous poursuivons notre balade et retrouvons Francis Delpey, toujours fidèle au poste. C’est qu’il a deux boutiques : le sixième sens sur la place Saint-Silain et Noug@tine place de la mairie. Il ronchonne bien un peu comme toujours mais il est un vrai professionnel. Le bougre a du nez pour vous donner la tendance et les derniers potins commerciaux de la ville: « la situation n’est pas très bonne mais ça aurait pu être pire. Faut pas tout mettre sur la mairie. Les gens n’ont pas d’argent. Et puis, regardez, tout le monde est fermé. Faut pas se plaindre après. Moi je bosse… »

Ah ! Voici notre ancien fonctionnaire du Conseil général : « De quoi parliez-vous ? » Et faisant chorus : « des fêtes et de Périgueux. » Toujours l’accent pointu il entre dans la conversation : « J’ai lu Le journal, ils écrivent que la patinoire n’a pas attiré les foules. Pourtant, honnêtement elle semblait bien placée, près des cinémas, de Monoprix et de l’Office du Tourisme : « Ca a été un flop ! À force de vouloir faire tout différent de Darcos on se plante partout » nous dit Philippe Cornet qui arrive le pas rapide pour entrer chez Francis. L'ancien maire-adjoint, chef de l’opposition est frigorifié mais toujours le sourire en campagne. « Arrête Philippe, rétorque notre retraité de la SNCF – vieux communiste – qui nous cherchait dans la ville, tu pourrais être mon petit fils ! Change de disque ! ».

Le ton monte un peu, mais avec une affection toute méridionale : “ Et vu veux qu’on parle du départ du musée du Trompe-l’Œil ? renchérit notre retraité du Conseil général, Anne-marie Chevrier est venue en 2001 avec Darcos et personne a rien fait depuis l’arrivée de Moyrand pour qu’elle reste. Ici, parfois, on est un peu ploucs. On est politicien avant d’être intelligent. Vous verrez qu’à Paris ça va marcher tout comme le salon que monte paraît-il Cointreau en février qui s’occupait du salon du Livre Gourmand à un moment à Périgueux. On dit que c’est pas un concurrent ! Mon œil ! Il est plus malin il a compris c’est tout.” Et le Maître de l’opposition de confirmer.

« Bon, les gars, interpelle notre libraire attitré et attristé, on fait quoi ? » Tout le monde s’accorde à retrouver le Café du Coderc pour prendre un demi et quelques cacahouètes. Ah ce n’est pas royal mais ça maintient les traditions. Il est plus de treize heures trente. Nous passons devant chez le fourreur Boutis qui est fermé : « lui, il a dû morfler » sort Bruno, l’artiste dont l’appartement a brûlé récemment et que l’on croise. « Pas sûr, plutôt l’inverse, dit notre libraire. Les gens qui ont de l’argent achètent ce qu’il y a de plus cher. Ce sont les autres qui ont même vendu leur porte-monnaie… »

La petite bande s’est péniblement reconstituée. Cahin-caha elle salut Francis en passant ; puis arrivé devant le « Coderc » pousse la porte. Une table de prise sur les cinq. « Vous avez le choix les copains » dit le barman. En commandant nos demis et quelques cacouhètes, le barman s’exclame : « vous avez pas l’air d’avoir la frite les gars ! »

Notre retraité de reprendre : « On ne s’est même pas souhaité la bonne année ! » Se retournant pour nous regarder une jeune fille qui achète des cigarettes nous lance : « Ca change quoi ? » On s’est tous levé pour lui faire la bise et lui présenter nos vœux. Elle rit aux éclats : « Et bien vous au moins ! » Nous étions redevenus heureux et la mousse pouvait se déposer sur nos lèvres bénies par un aussi joli minois. L’année sera bonne. Si, maintenant on peut vous souhaiter nos vœux. On y croît parce que tout simplement il y a toujours de la bonne humeur sur la Place du Coderc.

PASCAL SERRE
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La place du Coderc côté Bar de la Truffe
La place du Coderc, côté Bar de la Truffe

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Commentaire de Anonymous BQ , le 4 janvier 2010 18:16  

Même les Cancans sont agréables à lire ...... et moi qui n'aime généralement pas , là je me régale sur la manière de l'expression, comme d'hab. et quelque soit le sujet ........

Merci encore pour ces bon moments .....

Brigitte

Commentaire de Blogger Periblog , le 5 janvier 2010 13:57  

Et bien Lilian reçois de Pascal et moi quatre grosses bises virtuelles sur tes joues roses et accepte nos meilleurs vœux pour une nouvelle année pleine de santé et de bonheur. W

PS j'espère que la lecture de ce cancan t'aura donné envie de te ré-inscrire...

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