Rencontres insolites lundi 6 octobre 2008
La demoiselle m'a posé deux questions simples auxquelles il m'a fallu répondre à brûle-pourpoint :
1. Que signifie l'emploi pour vous ?
2. Quel sens donnez-vous au mot « effectif » ?
C'est tout. J'ai répondu mal naturellement ; mais il m'a semblé en les regardant partir qu'ils étaient de toutes façon après autre chose que mes réponses. Il faut dire que je suis accoutumé à voir Bastien et Léo sur leur chaîne web et je sais de quoi ces deux lutins géniaux sont capables...
Tout en carton
Dans la soirée, alors que nous discutions, l'ami Francis et moi sur la place du Marché au Bois, j'ai remarqué qu'il y avait de la lumière et des silhouettes en mouvement dans le petit local situé à un des angles de la place. Ce local est souvent vide ou plein de bric à brac. C'est d'ailleurs un fait étrange que chaque petite entreprise qui s'installe ici, se mette à péricliter en aussi peu de temps qu'il faut pour dire « ceci est un mauvais emplacement pour vendre des choses ».Nous nous sommes approchés de la vitrine sans enseigne et avons vu, posé près de l'entrée, ce qui ressemblait à un meuble de style Louis XV conçu tout en carton dont les tiroirs étaient doublé d'astragan d'un violet profond. C'était la réalisation de deux jeunes femmes : Émilie LANGLAIS (qui menait « La Liste », un mouvement démocrate qui a remporté 3% des votes au élections municipales de 2008) et Anne MAITROT co-listière et co-artiste ; la première originaire de Tours et la seconde de Nouméa.
Elles m'ont dit faire ce travail dans une démarche artistique, mais aussi utilitaire... Émilie m'a affirmé que les formes conçues avec précision et assemblées avec minutie, permettaient aux meubles d'être aussi solides que leurs grands frères ; je me permet de douter qu'un tel objet puisse traverser deux siècles et demi comme l'ont fait les véritables commodes Louis XV. L'objet est, de par le matériau qui le compose, intrinsèquement fragile et je n'oserais pas placer un pot de fleur dessus de crainte que celui-ci se renverse et affaiblisse irrémédiablement toute la structure, qu'on y ai appliqué ou non un produit pour l'étanchéifier. La commode a été finement exécutée et a requis près de trois semaines de travail ; cependant elle n'est pas peinte et coûte tout de même à l'achat, la bagatelle de 450€... Pas cher payé me direz-vous pour presque un mois de travail, mais à ce prix je pourrais aller chez IKÉA et en revenir avec une commode, un lit, une table de chevet et quelques paquets de krisprolls. Il est vrai que les meubles suédois ne seraient pas beaucoup plus durables, mais les krisprolls seraient une agréable addition à mon petit déjeuner d'ordinaire si frugal, lorsque je ne descends pas chez Errel prendre un grand-crème.J'admire ce que ces jeunes femmes ont fait ; je serais incapable d'en faire autant ; je dois cependant avouer ne pas comprendre leur démarche. Il faut dire que j'ai toujours été réfractaire à certaines formes d'art conceptuel. Ainsi je n'ai jamais compris pourquoi Tracey EMIN, en Angleterre, avait failli gagner le célèbre Turner Prize avec un lit défait : son lit, quelques capotes usagées et des slips maculés de tâches douteuses. Ou un autre artiste, toujours en Angleterre, dont « l'œuvre » consistait en un large empilement de sacs poubelles. Émilie et Anne ne construisent pas leurs meubles en carton dans un même esprit provocateur, mais pourquoi se sont-elles mises à cette tâche ? Qui leurs objets, esthétiquement ou utilitairement, vont-ils intéresser ?
- Voir une vidéo sur le mobilier en carton
Si j'avais vu cette vidéo avant d'écrire ce billet j'aurais été mieux informé sur ces meubles en carton dont je n'avais jamais entendu parler et mon analyse eût sans doute été un peu différente...
Mise à jour 09/10/08 : Il est probable que Pablo, artiste peintre, peigne sur un ou plusieurs des meubles en carton. Les œuvrettes se transformeront donc en œuvres. Mais qui maintenant pourront se les offrir ? Pas moi, et c'est bien dommage !
Libellés : Anne-Maitrot, artistes, Emilie-Langlais, Pablo Correa
















C'est la première fois que j'observe Pablo triturer la toile avec la brosse et je dois dire que c'est un spectacle à ne pas manquer. C'est un acte téméraire que de peindre sous le regard d'une centaine de paires d'yeux, interrogateurs, curieux, critiques... Qui d'autre qu'un talent exceptionnel peut avoir ce courage et ne pas faillir ?





J'aime les peintres desquels émane une vraie originalité. Je suis parfois ému par une personnalité touchante comme celle de
Me voici pointant vers une des peintures qui m'a interpellée le plus. Elle a été peinte par le 'bébé' des peintres présents à cette exposition : Pablo (Corréa), fils du célèbre peintre et illustrateur Périgourdin José Corréa. Il est lui-même en passe de devenir un des artistes les plus originaux de la région ; et je ne parle pas seulement de son accoutrement vestimentaire... Il a un trait précis et énergique, et c'est cela, bien plus que son choix des couleurs utilisées qui me plaît.















